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« L'injustice durant les JM 1983 a compromis ma carrière »



Vous avez plus de 30 ans de carrière en tant que technicien. Que pouvez-vous nous dire sur ce long parcours d'entraineur 'Je voulais et je pouvais facilement continuer ma carrière d'athlète jusqu'à l'âge de 40 ans, voire plus. Après avoir pris ma retraite en 1983, j'ai été recruté au niveau de la direction générale de la Sûreté nationale en tant que moniteur de sport avec le commissaire principal, le regretté Salhi Mohamed Salah. Ce dernier s'occupait serieusement du sport au niveau de la DGSN. Actuellement, je suis retraité et membre de l'association des retraités de la DGSN de la wilaya d'Alger. Je m'occupe de la section sports et loisirs en contribuant modestement au développement du sport en général. Par nos initiatives, nous visons à chaque fois à vulgariser la pratique sportive et regrouper les anciens du corps.Le cyclisme algérien a connu des périodes fastes durant votre époque. Vous avez été parmi les jeunes qui ont émergé dès la moitié des années 70 jusqu'au milieu des années 80. Quel a été le plus beau souvenir de votre carrière 'En tant que jeune, mes ambitions n'avaient pas de limite. Mon plus beau souvenir reste la première coupe que j'ai remportée à Sidi Fredj en tant que cadet durant la saison 1974-1975. J'ai été encouragé par des stars à l'époque comme Zaaf, Chaabane et autres. Ce titre m'a ouvert les portes pour progresser avec des entraînements intenses. A notre époque, notre programme était tracé bien avant le coup d'envoi de la saison. Nous étions bien orientés et nous savions quel était le prix à payer pour devenir un athlète d'élite.Vous avez été victime d'une injustice lors des jeux Méditerranéens de 1983 au Maroc durant lesquels vous avez vécu votre plus mauvais souvenir....J'ai arrêté les larmes aux yeux. On m'a poussé à prendre ma retraite en me privant de prendre part à la finale du 1 kilomètre. On a préféré mettre à ma place un autre athlète et m'obliger à courir dans le 4 kilomètre. Une spécialité que je ne maitrisais pas, vu que tout mon processus de formation et de préparation était appuyé sur la spécialisation dans la course du 1 kilomètre. Je n'ai pas digéré la décision, car j'ai sué tout au long de l'année pour préparer les jeux Méditérranéens en Union soviétique. J'avais largement les moyens pour décrocher une des trois médailles. En rentrant au pays, je n'avais plus l'envie ni la volonté pour continuer le chemin. Ce fut le coup bas qui a mis à mort ma motivation de jeune cycliste prometteur.Malgré le coup de massue, vous avez pris part à la course du 4 km...Défendre les couleurs nationales est un devoir et un honneur. La veille de la finale, je n'ai pas pu dormir. J'ai pris mon courage à deux mains en participant à la course. Cela dit, il fallait voir dans quel état j'étais. J'ai participé pour participer, vu que j'étais abattu sur le plan psychologique. En tant que fils de chahid, je n'avais pas le droit de boycotter la course et porter préjudice à notre pays que je devais représenter dignement.Le Grand tour d'Algérie a repris depuis 2011. Depuis, la compétition a connu une croissance en matière de participation et de tracé, devenant la plus longue course du monde avec 22 étapes. Comment évaluez-vous le niveau de nos coureurs 'Je tiens à féliciter le président de la fédération algérienne Rachid Fezouine et ses collaborateurs. C'est un responsable qui a redonné vie au cyclisme. Je regrette juste le fait de ne pas impliquer les anciens athlètes. Le GTAC est un tour de wilayas. Mais, c'est une compétition qui peut prendre une autre dimension avec l'apport de toute la famille du cyclisme. Le savoir-faire existe chez toutes les générations. Les athlètes algériens auraient pu afficher un visage nettement meilleur s'ils avaient plus de moyens et une meilleure stratégie. Je veux rajouter quelque chose.Allez-y...Il est temps de penser à combler le déficit en matière d'infrastructures et de compétitions. Il faut organiser des prix tout au long de l'année et ne pas se contenter du GTAC. La FAC a frappé un bon coup en créant les équipes continentales. Mais, on doit penser à étoffer le calendrier, en organisant des challenges régional et continental. Nous avons vu l'exemple du Nasr Dubai. C'est un club qui a une autre stature et des moyens largement supérieurs aux nôtres. Nous devons nous inspirer de l'édition de 2016 pour nous améliorer en 2017.Vous avez été réçu dernièrement par le ministre de la Jeunesse et des Sports El Hadi Ould Ali. Peut-on connaître la teneur de l'entretien que vous avez eu avec le responsable du secteur 'J'ai eu un immense plaisir de m'entretenir avec M. le ministre. C'était une visite de courtoisie au cours de laquelle j'ai réitéré ma volonté de contribuer au développement de la discipline. Il a été très attentif à mes propos. Son attention m'a beaucoup remonté le moral, moi qui a été victime, à l'instar de plusieurs anciens athlètes, d'une mise à l'écart.Le cyclisme algérien sera présent lors des jeux Olympiques de Rio 2016. Comment estimez-vous les chances de nos cyclistes de s'illustrer 'Il y aura des professionnels comme Adil Barbari et Youcef Reguigi. Il y a lieu d'espérer un exploit de la part de nos cyclistes, même si le niveau olympique reste très élevé. Ils ont la chance d'avoir plusieurs compétitions internationales avec leurs clubs respectifs. En revanche, ce n'est pas le cas en Algérie. Le cycliste local accuse encore du retard en matière de compétitivité.Vous y avez fait allusion à votre retour sur la scène du cyclisme algérien. Peut-on connaître votre prochaine destination 'J'ai introduit une demande d'entraîneur de piste et de route au niveau de la fédération. Mais il n'y a pas eu de suite. Il faut savoir que mon seul objectif est d'apporter un plus à la discipline. Je n'ai aucun positionnement électoral. Le cyclisme m'a beaucoup apporté et m'a donné l'opportunité de connaître des légendes. Mon CV est connu. Ces derniers temps j'ai eu des contacts en Algérie et à l'étranger. Je donnerai toujours la priorité à mon pays.


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