Presque trois années après le terrible incendie qui le ravagea de fond en comble, le supermarché de l'ex-EDGO d'Aïn El-Turck ne s'est toujours pas relevé de ses ruines. Un vestige d'après-guerre: charpente métallique calcinée, débris de tôles et de verre disséminés, carcasses grillées de frigos et de présentoirs mi-enterrés çà et là, poussière de cendre et odeur nauséabonde... Voilà le résidu de ce qui fut l'une des plus grandes unités à l'Ouest des anciennes Galeries algériennes, avant qu'elles n'aient été la proie des flammes en cette triste nuit du 11 avril 2005. Le site sinistré, situé au c?ur de la ville, n'est pas visible depuis le boulevard car étant masqué par un petit marché, plutôt précaire, mis en place par un groupe d'anciens commerçants locataires chez la SARL Azur Market, société de travailleurs, qui, en 2000, avait acquis les lieux après la dissolution de l'EDGO et sa mise en liquidation et, deux ans après, en 2002, céda une partie des actions au groupe commercial Khaouadja, lequel en devint actionnaire majoritaire et gérant. Le petit marché occupé par les 30 kiosquiers, parmi les 88 anciens locataires de box d'Azur Market, est érigé sur ce qui fut le parc de stationnement réservé au public, entre l'accès principal et la devanture de la foire, soit une assiette d'environ 3.000 m². Il s'agit d'une trentaine d'édicules séparés par des cloisons façonnées à partir d'objets bric-à-brac par ces jeunes bricoleurs. Un petit bazar où l'on vend toutes sortes d'objets: ustensiles, vêtements et chaussures, cosmétiques, CD, etc. L'ambiance au sein de cette «braderie» qui garde l'empreinte de l'ancienne foire, les couleurs et le tohu-bohu de souk qui y règnent, la diversité des produits qui y sont exposés, les prix bon marché proposés par ces marchants - honnêtes, de l'avis de tous -... autant de choses sympathiques qui font de ce marché un lieu très prisé, aussi bien par la population d'Aïn El-Turck que par ses habitants d'un été. Cependant, ce lieu commercial est menacé de disparition. C'est du moins ce que craignent les 30 commerçants, qui se sont constitués en association portant le nom de «Commerçants des Galeries d'Aïn El-Turck» pour défendre leurs intérêts communs. La menace ? Les concernés ont reçu dernièrement par le biais des services de la sûreté de daïra d'Aïn El-Turck des arrêtés de fermeture - signés par le wali - pour défaut de registre de commerce. Ils ont été sommés, un par un, de fermer leurs échoppes jusqu'à régularisation de leur situation administrative et obtention d'un registre de commerce, faute de quoi ils seront passibles des sanctions prévues par la loi. La mise en demeure a soulevé une vague de contestation chez les concernés, qui crient à l'injustice. «C'est une première manoeuvre d'un processus visant le démantèlement du marché Azur Market... pour confisquer le foncier», entrevoit Mohamed, marchand de couleurs qui connaît bien l'histoire des Galeries d'Aïn El-Turck pour y avoir tenu un stand à titre de locataire depuis 2000 et jusqu'à l'incendie de 2005. Son voisin du marché, Djamel, qui, lui, a comparu en septembre dernier devant la justice (tribunal d'Aïn El-Turck, section pénale) pour répondre du défaut de registre de commerce et a été condamné à une amende de 30.000 DA, renchérit: «Le registre de commerce n'est qu'un prétexte pour nous chasser des lieux. Ils savent très bien qu'on ne peut pas obtenir ce document, du moment que l'APC refuse de nous faire des contrats de bail. Nous sommes des locataires auprès d'Azur Market et nous avons tous les papiers qui le prouvent. Il incombe à l'Etat de nous régulariser de facto. Ce que font nos responsables locaux va à contresens du programme du président de la République, qui incite à la création d'emplois pour les jeunes avec, de surcroît, l'aide de l'Etat. Mais eux, ils veulent nous renvoyer au chômage. C'est insensé, c'est injuste !», tonne-t-il.
INCENDIE VOLONTAIRE COMMIS PAR UN INCONNU
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Posté par : sofiane
Ecrit par : H Saaïdia
Source : www.lequotidien-oran.com