L’instruction «écolo» de Belkhadem
Le chef du gouvernement vient d’adresser une instruction aux différentes administrations, les ministères notamment, afin de favoriser l’utilisation des véhicules roulant à l’essence normale ou au sans plomb et de réduire au maximum l’usage du diesel. L’instruction concerne surtout les nouveaux véhicules qui seront acquis et il n’est pas exclu qu’on procède à un renouvellement progressif des véhicules diesel utilisés, appartenant aux administrations publiques et qui constituent l’essentiel de leurs parcs roulants. L’instruction «écologique» fait suite à plusieurs constats dressés sur l’importance du diesel en Algérie. Sa part a régulièrement progressé depuis 1995 pour atteindre, l’année dernière, 31,3% des quelque 3,4 millions d’unités tous types confondus selon le Forum des chefs d’entreprises (FCE). «En 2006, un véhicule sur trois roule au diesel (31,3%) alors qu’en 1995 un véhicule sur quatre (24,4%), tous genres confondus, était à motorisation diesel», explique la note. Le taux de diésélisation a fortement progressé, notamment les autocars et autobus à 98% contre 81,2% en 1995. En 2006 également, on a estimé que la consommation de gazole pour les automobiles était de 3 millions de tonnes soit presque la moitié des besoins nationaux en gazole, estimés à 6,1 millions de tonnes par an. Selon le FCE, le parc automobile national a rajeuni particulièrement pour certains genres à la faveur des importations de véhicules neufs. En sept ans (2001-2006), les importations sont passées de 43.119 à 188.006 unités. L’instruction insiste également sur les achats groupés des fonctionnaires. Ainsi, il est préconisé le choix des véhicules plus écologiques dans ce genre d’opération, en faveur des travailleurs qui souhaiteraient acquérir une voiture de tourisme et d’exclure l’option du diesel qui reste très prisée par les Algériens à cause de son prix très bas. L’usage du GPL est également préconisé puisque sa part n’est que de 120.000 véhicules. La note vient ainsi confirmer la prise de conscience en haut niveau quant à la nécessité d’encourager ce genre de carburant.
Car, il y a aussi cette autre inquiétude qu’on trouve chez les spécialistes. Au rythme où vont les choses, l’Algérie aura fatalement recours à l’importation du diesel. Son environnement n’en sera également pas épargné puisque l’usage du diesel ajoute largement à la pollution de l’environnement, particulièrement dans les grandes villes comme Alger ou le parc roulant est considérable. Le gouvernement avait déjà essayé par le passé d’autres méthodes pour réduire le recours au diesel. L’on se rappelle de la proposition du département de l’Energie et des Mines contenue dans la dernière loi de finances d’augmenter le prix du gazole «pour des raisons écologiques». Une proposition rejetée par les députés. Mais en même temps, le département de Chakib Khelil n’a rien proposé afin d’encourager l’usage des autres carburants. Cette instruction pourrait à terme encourager (forcer à) l’usage du carburant moins polluant. Mais elle reste insuffisante. L’on s’interroge, dès lors, sur les raisons qui font que les autorités, particulièrement le département de Cherif Rahmani, ne défendent pas la taxation à l’importation des gros véhicules, les 4X4 et les Hamers qui font leurs apparitions dans nos villes. Des véhicules hautement polluants et dont l’usage est déconseillé dans les agglomérations. Dans les pays développés, en Angleterre par exemple, on a interdit, sous peine de payer une forte amende, ce genre de véhicule à l’entrée de la capitale Londres. C’est le cas également au Japon. En France, on est en train de réfléchir à ce genre de mesures.Â
Tahar A.O.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com