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«L'armée est une institution de la République qu'on doit préserver des querelles politiciennes»



«L'armée est une institution de la République qu'on doit préserver des querelles politiciennes»
-Les velléités de fraude ne manquent pas. Vous-même avez déclaré que le gouvernement a été transformé en comité de soutien. M. Benflis, qu'est-ce qui vous pousse encore à croire à une élection en votre faveur 'Effectivement, tous nos concitoyens ont relevé les irrégularités qui ont caractérisé cette campagne, à commencer par l'opération de recueil des signatures qui s'est faite pour un candidat donné par le recours au fichier d'état civil et par l'utilisation de l'identité des personnes sans même qu'elles en soient informées. J'ai également à maintes reprises mis à l'index la partialité flagrante des médias publics et l'asservissement de l'administration au service de la promotion de l'image et du discours d'un candidat. Je suis conscient de tout cela. Néanmoins, j'ai pleinement mesuré aussi la soif de changement et l'attente de démocratie au sein du peuple algérien, qui est déterminé à saisir l'opportunité de cette élection pour entrer dans l'ère de la démocratie et de la liberté. Nos concitoyens que je rencontre chaque jour me le disent haut et fort et m'expriment leur détermination à ne pas faire du 17 avril un rendez-vous manqué avec l'histoire. Vous comprendrez alors qu'au vu d'attentes aussi perceptibles et d'un soutien aussi fort, je ne peux me dérober à mon devoir et manquer à mon obligation de mener ce combat, un combat qui a toujours été le mien, celui de la démocratie et de l'Etat de droit.-Y a-t-il, selon vous, un moyen de neutraliser une administration rompue à la pratique de la fraude 'Je compte adresser aux cadres, aux agents de l'administration et aux élus un message fort pour interpeller leur conscience citoyenne afin qu'ils ne se rendent pas complices d'un hold-up électoral en confisquant la volonté du peuple. Je sais que la grande majorité d'entre eux rejette la pratique de la fraude et la considère à juste titre comme «haram» au plan religieux et immorale au plan éthique, en plus de ce qu'elle est illégale aux yeux de la loi. Je suis confiant en leur prise de conscience, mais parallèlement, j'ai mis en place un dispositif antifraude qui mobilise plus de 60 000 scrutateurs. Nous allons couvrir tous les bureaux et centres de vote et serons présents en force du commencement de l'opération électorale à la remise des procès-verbaux.-Qu'est-ce qui a changé entre 2004 et 2014 pour que vous ayez autant de détermination et d'assurance pour affronter d'un côté la machine du système et de l'autre le boycott auquel appelle une partie de la classe politique, ainsi que le rejet de l'élection 'Beaucoup de choses ont changé. L'aspiration au changement est plus que jamais présente chez nos concitoyens qui, à force de souffrir dans leur quotidien des formes les plus diverses de la mauvaise gouvernance, aspirent à ce que de nouveaux horizons s'ouvrent à notre pays. Dans notre environnement extérieur, les vents de la liberté et de la démocratie soufflent, créant une donne qu'il est difficile de négliger.Vous savez, le 17 avril offre à l'Algérie l'occasion de s'inscrire dans le sillage du changement apaisé et serein, celui qui prend le chemin des urnes, celui qui fera de l'Algérien un être encore plus fier et impulsera à notre société une dynamique sans précédent.J'ai l'ambition d'être le moteur de cette mutation et j'appelle les Algériennes et les Algériens à nous rejoindre pour créer ce mouvement porteur de stabilité véritable et durable et de prospérité de l'Algérie et de son peuple.Vous avez évoqué les partisans du boycott, je veux saisir la tribune que vous m'offrez pour dire tout le respect que j'ai pour leur position. Si nous divergeons sur les modes d'action, un objectif commun nous unit : nous sommes tous des militants de la démocratie et nous voulons tous un avenir de liberté pour l'Algérie.-Des représentants du président-candidat inscrivent la visite du secrétaire d'Etat américain, John Kerry, dans le chapitre des réalisations et s'en servent dans la campagne électorale. Qu'en pensez-vous 'Je commencerais par dire que je trouve normal et souhaitable que l'Algérie et les Etats-Unis d'Amérique entretiennent une relation forte et confiante. A ce titre, je me félicite de l'existence de ce dialogue stratégique bilatérale qui permet des rencontres bilatérales à haut niveau. J'ai bien évidemment suivi les déclarations faites par John Kerry à Alger et je note avec satisfaction l'attachement qu'accorde son pays au déroulement d'une élection transparente dans notre pays.Je trouve regrettable et même triste que les propos d'un responsable étranger soient déformés pour en faire un instrument de propagande électorale. J'ai trop de respect pour le peuple algérien et une très haute idée de mon pays pour utiliser des acteurs étrangers à des fins électoralistes. Le 17 avril, c'est le peuple algérien, et lui seul, qui décidera et fera entendre sa voix ; tout le reste n'est que manipulation que je qualifierais de bas étage si elle ne ternissait pas grandement l'image de ce pays.-Que répondez-vous à ceux qui vous accusent directement ou indirectement «de faire le jeu de la main de l'étranger» ' La main de l'étranger est devenue un argument facile pour ceux qui n'ont pas de réponses à apporter aux problèmes dont souffre le peuple algérien. J'ai toujours été aux avant-postes du combat pour la «somptuarisation» de la souveraineté nationale. Je suis convaincu que la meilleure manière de protéger notre pays est de le faire entrer dans l'ère de la bonne gouvernance et de la démocratie. Maintenant, je sais que durant cette période électorale, ceux qui n'ont aucun projet à présenter aux Algériens ont recours à l'arme du mensonge et de la diffamation. Pour ma part, j'ai décidé de ne jamais me placer sur ce terrain et d'être une force de proposition constructive afin d'apporter des solutions aux problèmes de l'Algérie d'aujourd'hui et de demain.-Pensez-vous que l'Armée populaire nationale, qui a vécu un épisode de tension il y a quelques semaines (des sites continuent encore à nourrir les spéculations) pourra vraiment s'astreindre à ses missions exclusives 'Je commencerais par dire que l'Armée populaire nationale, dans toutes ses composantes, est une institution de la République qu'on doit préserver des querelles politiciennes. On ne gagne jamais à déstabiliser des institutions d'un pays. Quand il s'agit d'institutions de l'Etat, le débat doit être engagé dans sa forme la plus constructive. Pour avoir assumé de hautes fonctions politiques, je sais que l'ANP souhaite vivement que la classe politique assume pleinement ses responsabilités afin qu'elle ne soit pas, comme ce fut le cas par le passé, dans l'obligation d'investir le champ politique. Pour ce qui est du prochain scrutin, je m'en tiens à la déclaration du vice-ministre de la Défense, chef d'état-major de l'ANP, qui a déclaré la position de neutralité de l'institution militaire.-Quel bilan faites-vous de vos deux semaines de campagne électorale 'J'ai visité à ce jour 32 wilayas. Partout où je suis allé, j'ai été reçu par des foules nombreuses et enthousiastes qui m'ont déclaré leur adhésion au projet de renouveau national et leur détermination à faire du 17 avril une date symbole du respect de la volonté du peuple. Cet engouement me donne encore plus d'énergie et me prouve, si besoin est, que le combat que je mène aujourd'hui est plus que jamais nécessaire. A ceux de mon entourage qui s'étonnent que la fatigue n'ait pas de prise sur moi, je dis que chacune des étapes, chacune des wilayas que je visite, chacun des villages que je traverse représente pour moi une somme d'énergie qui me donne la force d'aller toujours de l'avant. -Si vous êtes élu le soir du 17 avril, quelle sera la première décision que vous prendrez 'Je parlerai tout simplement aux Algériens pour leur dire que le temps de la véritable réconciliation nationale est arrivé, que celui de la bonne gouvernance a sonné et que dorénavant «vous aurez un Président à votre écoute et un Etat qui constituera pour chacun d'entre vous un immense sentiment de fierté par la légitimité de ses institutions et l'exemplarité de son action». Je leur dirai également que le président de la République, «le premier de vos serviteurs, est décidé à prendre à bras-le-corps vos problèmes et à les régler dans le cadre du dialogue et de la concertation et selon une démarche méthodique et réfléchie».


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