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L'Algérie se bat contre des réductions pour les contrats d'approvisionnement Le pays s'apprête à ratifier un accord énergétique avec l'UE



L'Algérie, qui fournit actuellement à l'Europe entre 13 et 15% de ses besoins en gaz naturel grâce à deux gazoducs desservant l'Italie et l'Espagne, se trouve dans une situation de vulnérabilité vis-à-vis de ses clients européens, lesquels demandent une baisse des prix et une refonte de leurs contrats d'approvisionnement à long terme, dont les prix sont indexés sur les cours du pétrole.
Dans une déclaration à l'APS, le P-dg du Groupe Sonatrach, Abdelhamid Zerguine explique : «Dans un contexte de crise économique qui affecte aussi bien la demande que les prix, il est difficile pour l'Algérie de préserver les prix du gaz.»
Selon M. Zerguine, Sonatrach, troisième fournisseur de gaz de l'Europe, tout comme le premier fournisseur de l'Europe Gazprom, reçoivent ces dernières années des demandes insistantes de leurs clients pour baisser les prix du gaz livré par gazoducs. En avril dernier, le groupe d'énergie italien Edison, contrôlé par le Français EDF, a obtenu en justice la révision à la baisse des prix d'un contrat de fourniture de gaz naturel signé avec le Groupe Sonatrach. Ce dernier a perdu cet arbitrage à cause d'une clause dite de bouleversement, prévue par le contrat de vente de gaz à Edison. «Les contrats même bien ficelés, accordant des droits à la Sonatrach, incluent malheureusement une clause admissible sur le marché de l'énergie et chez tous les partenaires, qui consiste à revoir les prix lorsqu'il y a bouleversement des marchés», a souligné M. Zerguine. «L'effet domino est là, il n'y avait pas qu'Edison qui a demandé à revoir les prix, il y a aussi l'ENI et GNF (Gas Natural Fenosa)», a précisé le P-dg de Sonatrach. Avec ENI, la compagnie nationale des hydrocarbures est en passe de revoir les accords pour la troisième fois en deux ans, souligne M. Zerguine selon qui l'effet domino ne devrait pas impacter certains contrats gaziers, liant son groupe à des clients européens. «Aujourd'hui, nous considérons qu'il n'y a pas de bouleversements pour certains marchés. Nous sommes en train de nous battre pour ne pas admettre des réductions pour ces contrats d'approvisionnement», a-t-il dit. Dans les contentieux sur les prix du gaz, «Sonatrach a été des fois gagnante et des fois perdante», rappelle son P-dg, allusion à l'arbitrage remporté par le Groupe algérien en 2010 dans le conflit qui l'avait opposé à l'Espagnol Gas Natural Fenosa sur le prix du gaz livré à l'Espagne à travers le gazoduc GME. Le 15 avril dernier, le Conseil européen, faut-il le rappeler, a approuvé l'accord énergétique entre l'Algérie et les 27 pays de l'Union européenne. L'accord doit être ratifié par le Parlement européen puis signé à Alger au plus tard avant la mi-juillet, à l'occasion d'une visite du commissaire européen à l'Energie, M. Gunther Oettinger, prévue à cet effet.
B. A.
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