Les travailleurs des entreprises sous-traitantes au site gazier de Tiguentourine à In Amenas demandent à être intégrés à la Sonatrach. Une revendication ancienne qui date depuis plusieurs années et à laquelle l'entreprise nationale a répondu favorablement, il y a près de deux ans, sans toutefois mettre à exécution son programme d'intégration qui, en fait, concerne non seulement les travailleurs du site gazier de Tiguentourine mais l'ensemble des 17 associations et groupements existants en Algérie. Comme par hasard, le processus de transfert a été appliqué sur 16 d'entre elles mais pas celle-ci, qui active à Tiguentourine. Des travailleurs de cette association ont aussi eu la chance d'être intégrés mais pas tous. Initialement, l'opération devrait prendre fin le 30 juin 2011. Elle a été reportée plusieurs fois et la décision des responsables de la compagnie nationale n'a commencé à être effective que fin décembre 2011. Aux affres de l'attaque terroriste, sans précédent, survenue le 16 janvier dernier, s'ajoute cette «discrimination» dont les travailleurs «lésés» ne connaissent pas l'origine. Après plusieurs courriers, interpellations et actions de protestation, ils décident de passer à une autre étape. Se déplacer carrément au siège de la direction générale de la Sonatrach à Alger et y tenir un sit-in. Le sit-in est prévu pour aujourd'hui, à partir de 8 heures. Dans une lettre ouverte adressée au P-dg de la Sonatrach, Abdelhamid Zerguine, les travailleurs en colère rappellent que «la direction de Sonatrach avait décidé d'intégrer en son sein le personnel de la sous-traitance mis à la disposition des 17 associations et groupements existants en Algérie. Cette directive du premier responsable de l'époque était relayée par le courrier du directeur central des associations, référencé : 912/AST/11 et 972/AST/11 du 19 et 24 mai 2011. Dans ce courrier, le directeur central demandait conformément aux directives de l'ancien P-dg, aux différents responsables des associations de mobiliser tous les moyens nécessaires pour l'intégration de l'ensemble du personnel mis à la disposition des associations qu'ils dirigent et finaliser l'opération, en toute transparence, au plus tard le 30 juin 2011». L'opération de transfert avait donc démarré dans de bonnes conditions, faisant profiter 16 associations sur 17 des bienfaits de la nouvelle décision de la direction générale de Sonatrach. Ceux du site de Tiguentourine attendent leur tour mais ne voient rien venir jusqu'à présent. Au lieu de l'intégration, il y a eu la décision de poursuivre dans la politique des contrats à durée déterminée. Ceux-ci de trois à six mois renouvelables. Chose qui n'a pas été du goût des concernés. «Entre temps des contrats de travail de six, puis de trois et encore trois mois renouvelables ont été offerts au reste des salariés non intégrés, hautement qualifiés pourtant, après qu'ils aient participé pour nombre d'entre eux et avec dévouement à la construction de l'usine en 2001 et à la bonne conduite des opérations pendant de longues années.» Depuis, c'est le statu quo. En 2012, plus précisément le mois d'avril, il y a eu le déplacement de M. Baraka, cadre aux ressources humaines à Hassi Messaoud et faisant partie de la cellule chargée de l'opération des transferts. Ce dernier a décidé que l'opération se termine au plus tard le 30 juin 2012. Encore une fois, promesse non tenue. Les travailleurs du site de Tiguentourine sont d'autant plus indignés que «pendant la période des transferts, de nouvelles recrues ont été intégrées directement à Sonatrach, au sein même de notre site, alors que nos dossiers étaient encore en instances». Autre fait qu'ils considèrent révoltant, après l'attaque terroriste survenue à Tiguentourine et les protestations dans les régions du sud du pays, «l'Etat s'est montré plus que généreux envers des populations entières, dans le sud du pays comme dans le nord, afin d'apaiser la tension sociale. Ainsi, des milliers d'emplois ont été offerts aux habitants du sud par les corps constitués mais pas seulement car la Sonatrach, qui a du mal à transférer 196 salariés (cadres et techniciens) en instance depuis juin 2011, s'est arrangée pour recruter 2 300 salariés à Ouargla et 460 à Béthioua (Arzew). D'autres recrues et, tant mieux pour elles, viendront nous n'en doutons pas». Devant ces faits, les travailleurs lésés réclament une enquête pour «identifier les causes et les personnes qui sont responsables de l'arrêt de ce processus de transfert, alors que nos dossiers étaient presque finalisés. Il ne manquait que la signature finale».
K. M.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Karima Mokrani
Source : www.latribune-online.com