Les patrons des firmes pétrolières se sont retrouvés à Davos (Forum économique mondial) en Suisse. L'Algérie s'est invitée aux discussions.
Les patrons des compagnies investies dans l'exploration d'hydrocarbures savent unanimement que la récente prise d'otages d'In Amenas impliquera, à l'avenir, d'autres investissements, voire d'autres coûts liés à la sécurité des individus et des sites pétroliers. Pour l'Algérie, le gouvernement sait qu'il doit impérativement lever la crainte. C'est aussi un investissement grandeur nature. A Davos, les responsables des compagnies pétrolières étaient toujours, certes, sous le choc induit par les derniers événements, mais le froid suisse semble avoir eu raison des esprits surchauffés, puisqu'ils ont fini par adapter leurs discours à une situation déjà connue dans certains endroits réputés à risque élevé.
C'est-à-dire que l'industrie du pétrole et du gaz est habituée à ce genre de situations, notamment dans certains endroits réputés dangereux, estiment des responsables de groupes pétroliers. Cependant, ces patrons croient que l'investissement dans de nouveaux projets pourrait ralentir en Afrique du Nord en particulier. Pour certains experts, il y aurait plutôt une étape d'observation et d'attente avant que la machine de production ne se remette à vrombir. De manière globale, les firmes n'entendent pas baisser pavillon même si, selon toute évidence, le site d'In Amenas subirait encore le repli des expatriés.
De son côté, le chef exécutif de la compagnie émiratie Crescent Petroleum, Majid Jafar, a estimé que la région de l'Afrique du Nord devrait éviter une chute brutale de la production d'hydrocarbures des suites des récents incidents survenus sur le site gazier d'In Amenas. La région subirait, néanmoins, un ralentissement des investissements et des projets, à en croire le même responsable. D'autant plus que certains pays européens ont appelé, hier, leurs ressortissants à quitter la Libye suite à des alertes terroristes émises contre les étrangers. En Algérie, les experts estiment que les autorités «doivent agir vite pour restaurer un climat de sécurité».
C'est du moins l'avis de Pierre Terzian, patron de Petrostratégies. Interrogé récemment à ce propos dans les coulisses de la Chambre basse du Parlement, le ministre de l'Energie et des Mines, Youcef Yousfi, a indiqué que les autorités algériennes ont reçu des assurances quant au fait que les entreprises et travailleurs étrangers ne quitteront pas l'Algérie.
Pas de retrait en vue
Le ministre a assuré dans la foulée que les autorités étudient actuellement la situation des sites et entendent améliorer sensiblement leur sécurité. «Notre industrie est traditionnellement confrontée à des risques d'ordre politique, mais les événements de la semaine dernière mèneront à un examen approfondi des dépenses en relation avec la sécurité», a déclaré Andrei Kuzayev, qui dirige les opérations à l'étranger de Lukoil, le plus grand producteur russe de pétrole. Cela signifie inévitablement, d'après le même responsable, une forte hausse des coûts de production. Lors d'une réunion tenue en marge du Forum économique mondial de Davos, des patrons de grosses cylindrées pétrolières évaluent les coûts actuels liés à la sécurité des installations et des effectifs à 3% d'un coût global de chaque projet. Pour les mêmes responsables, bien que la sécurité n'était pas un facteur nécessairement déterminant dans les décisions finales d'investissement, les coûts ont déjà commencé à augmenter rapidement.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ali Titouche
Source : www.elwatan.com