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«L'Algérie doit s'impliquer profondément»



L'Algérie ne peut rester à l'écart des conflits des pays frontaliers. Bien au contraire, elle doit s'impliquer plus que les autres d'autant qu'il est question de sa sécurité nationale. C'est ce qu'a déclaré l'ancien diplomate à la retraite, Hocine Meghlaoui.Rym Nasri - Alger (Le Soir) - Intervenant, hier, sur les ondes de la Radio Chaîne 3, l'ancien diplomate, Hocine Meghlaoui, estime que la Libye tout comme le Mali présentent une menace pour l'Algérie au vu du terrorisme qui s'y développe. «Malgré la multiplication des forces qui interviennent sur le terrain contre le terrorisme, celui-ci s'étend toujours», explique-t-il.
Pour lui, notre pays ne peut rester indifférent à tout ce qui se passe en Libye, au Mali et dans tout le Sahel. Au contraire, soutient-il, l'Algérie doit être impliquée profondément dans ces questions. «En tant que pays voisin, nous avons tous les droits d'être impliqués et même plus que les autres. Nous ne pouvons pas tourner le dos à la question libyenne qui est très complexe et très délicate», dit-il.
Il regrette, toutefois, que tout ce qui a été fait jusqu'à présent n'a pu permettre de stabiliser ces pays. Une situation qu'il impute à la multitude d'interférences étrangères et d'intérêts. «La stabilité en Libye et au Mali est un enjeu vital pour la sécurité de l'Algérie. Elle doit, elle aussi, défendre ses intérêts qui priment parce qu'il y a l'intérêt sécuritaire. Nous devons donc garantir notre sécurité», a-t-il ajouté.
L'invité de la radio assure que les interventions étrangères en Libye et au Mali ont été des problèmes plus que des solutions. «Au Mali, il y a beaucoup d'intervenants et malheureusement peu de résultats», affirme-t-il.
Il énumère ainsi les différentes interventions dans ce pays frontalier notamment l'opération Serval, menée par les forces armées françaises, pour, dit-il, «soi-disant empêcher la prise de la capitale malienne Bamako par les terroristes. Mais l'histoire révélera ce qu'a été réellement cette affaire». Intervient ensuite l'opération Barkhane qui dispose actuellement d'une force de 5 000 soldats. À ces opérations s'ajoute la mission des Nations-Unies pour la stabilisation du Mali avec 13 000 hommes, ainsi qu'un autre organisme européen qui compte une centaine de formateurs pour former l'armée malienne. «Le nouveau venu est Takoba, une fast force européenne censée être composée de soldats d'élite afin d'accompagner les forces maliennes dans les combats contre le terrorisme», souligne-t-il.
Pour l'ancien diplomate, il est temps d'indigéniser la lutte contre le terrorisme au Mali et le Sahel. Pour ce faire, il propose la création d'une armée africaine bien équipée et bien entraînée. «Les Maliens ou les Nigériens ne seraient-ils pas capables de lutter eux-mêmes contre le terrorisme ' L'Algérie l'a fait. Elle a vaincu le terrorisme toute seule alors qu'elle était mise sous embargo», rappelle-t-il.
S'agissant des enjeux de ces interventions, Hocine Meghlaoui précise qu'ils sont purement géostratégiques et économiques. «Aujourd'hui, un Etat ne bouge pas s'il n'y a pas d'intérêt. Très peu d'Etats respectent encore certains principes de diplomatie», note-t-il.
Et de citer l'exemple de la Turquie dont l'intervention en Libye a surpris tout le monde. «La Turquie a des intérêts économiques et financiers en Libye. Actuellement, les entreprises turques disposent d'un portefeuille de 16 milliards de dollars en Libye. La Banque centrale libyenne de Tripoli avait déposé huit milliards de dollars dans la Banque centrale turque pour une durée de 4 ans sans intérêts et sans frais», précise-t-il.
Ry. N.
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