Alger - Revue de Presse

L'affaire de l'hymne national amputé continue de fairedes vagues



«L'amputation» d'un passage entier de l'hymne national dans les manuels d'éducation civique de 5ème année moyenne continue de faire des vagues au département de l'Education. En effet, le premier responsable du secteur, Boubekeur Benbouzid, n'a pas hésité hier à désigner clairement deux de ses inspecteurs d'être à l'origine de ce qu'il a qualifié de « grave bévue », et cela avant même que la justice ne tranche dans l'affaire. Le ministre, qui annoncera que le gouvernement a décidé de porter plainte pour outrage, n'est pas allé par quatre chemins pour dire sans ambages que cette « faute dangereuse » a été faite sciemment. A quelles fins ? Par qui et qui sont derrière ? Le ministre ne pipera mot, sauf que, selon lui, « il existe encore des gens à l'extérieur qui ne nous veulent pas du bien ». Intervenant à l'occasion d'une conférence de presse organisée à l'Institut national de recherche en éducation, en marge de l'installation officielle de la « commission d'accréditation et de validation des manuels scolaires », le ministre de l'Education a annoncé que son département exigera dorénavant dans ses cahiers des charges que soit remboursé intégralement l'argent déboursé dans l'impression des livres scolaires comportant des erreurs. C'est là, semble-t-il, l'une des premières mesures concrètes décidées par le ministre après les remous soulevés par cette affaire. Les deux inspecteurs incriminés avaient-ils touché la somme de 160 millions de centimes pour avoir « enlevé » le passage qui faisait référence à la France, comme cela a été rapporté par certains médias ? Le ministre se contentera d'expliquer, en guise de réponse, que la somme en question représente le montant de l'impression des manuels et que la facture était en sa possession. « Notre but est de faire des manuels irréprochables », a déclaré Benbouzid, en couvrant d'éloges son secteur et tout particulièrement les réformes engagées par son département qui seront, fera-t-il savoir, présentés comme modèles à l'Unesco. Le ministre ira encore plus loin en déclarant que d'après un récent rapport de la Banque mondiale, « toutes les réformes engagées en Algérie sont obsolètes, à l'exception de celles initiées dans le secteur de l'éducation ». Le ministre soulignera même qu'il a reçu une médaille en Afrique du Sud pour tous les efforts déployés par son département dans la réforme du système éducatif. Boubekeur Benbouzid n'hésitera pas à attribuer une note de 15/20 à ses collaborateurs et tous les cadres du secteur qui ont « réfléchi durant des années à cette réforme, loin du gouvernement et des politiques ». Par ailleurs, le ministre est revenu encore une fois longuement sur la disponibilité du manuel scolaire. Pour lui, le livre scolaire est disponible pour tous les élèves et il existe même, précise-t-il, un surplus de 15% qui est toujours stocké. « La réforme est permanente, elle doit constamment s'adapter », souligne encore Benbouzid, en indiquant que le manuel scolaire doit toujours changer en fonction du développement scientifique pour atteindre, argue le ministre, le triple objectif qui consiste en la disponibilité, la qualité et le bon prix. Le ministre de l'Education a annoncé en outre qu'une commission nationale des programmes sera créée bientôt par décret. A noter enfin qu'un exposé a été présenté hier à l'Institut national de recherche en éducation sur le rôle de la commission d'accréditation et de validation des manuels scolaires, qui devrait s'atteler à déceler à travers tout le territoire les possibles « bévues ». Chaque manuel scolaire imprimé doit ainsi être remis à l'Institut en quatre exemplaires pour être vérifié par les différents groupes qui constituent la commission, avant d'être discuté en plénière pour être avalisé ou rejeté.
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