Contrairement aux années précédentes, la célébration du Mawlid Ennaboaui, cette année, n'a
pas connu un grand engouement envers les pétards et les produits pyrotechniques.
A Oran, mis à part quelques «petites batailles», les habitants des différents
quartiers ont constaté que ce phénomène qui, par le passé, perturbait leur
sommeil et notamment celui des enfants et des personnes malades, n'a pas été
trop «visible». Derrière cet état de fait, probablement la vague de froid qui
sévit depuis quelques jours et les pluies qui ont été enregistrées la nuit du
samedi à dimanche.
Mais, en premier lieu, ce recul dans l'achat des «explosifs» est dû à
leur cherté. Il faut dire que les saisies opérées, durant le mois de janvier, notamment
à Alger, ont donné un rude coup aux «importateurs» de ces produits. En effet, pas
moins de 11 conteneurs ont été saisis au port d'Alger, en l'espace d'un mois
seulement. Quant aux prix, ces derniers varient entre 25 et… 10.000 DA ! En
effet, le dernier cri des feux d'artifices a été cédé à 10.000 DA la boîte, contenant
des pétards de gros calibres et un lot de feux d'artifice. «Une petite boîte ne
payant pas de mine, mais à un prix supérieur à certaines pensions de retraite»,
commente un citoyen. Mais beaucoup ne se sont pas gênés pour l'acquérir. «C'est
un véritable scandale, un pétard à un million ! Et dire que beaucoup de gens ne
trouvent rien à manger, alors que d'autres se payent des pétards à des prix
inouïs, c'est inconcevable. C'est de l'argent facile, ceux qui achètent ces
produits à ces prix ne se fatiguent pas pour gagner leur croûte», nous dit un
père de famille, outré. Ces produits, qui sont vendus dans des coffrets
contenant un lot de feux d'artifice, produisent des bruits dépassant le seuil
de tout entendement. Mais il y a aussi des variantes, comme les «zenga-zenga» ou les «thouar», des
noms dérivés de la tragédie libyenne. El Bouk, ce
pétard à effet assourdissant est cédé à 2.000 DA l'unité (une boîte de 5 à 10.000
DA), alors que d'autres comme «mergaza et Lahnach», sont cédés à des prix allant de 25 à 45 DA
l'unité, tandis que les plus célèbres sont la « chitana»,
«El Waâra», «Zerbout» et le
«Titanic». Ces joujoux dangereux sont vendus à des prix allant de 500 à 800 DA
chacun. Quant aux «roquettes des rebelles», de «Ben Laden» et «El-Bouk», qui sont les dernières inventions des Chinois en
matière de produits pyrotechniques, font des ravages chez les amateurs. Ces
produits ont acquis des appellations adaptées aux événements qui ont bouleversé
le monde, notamment le «Printemps arabe». Il s'agit de grands pétards de
couleur rouge qui explosent à deux reprises produisant une détonation qui peut
être entendue à des centaines de mètres. Les prix de ces produits peuvent
atteindre les 1.500 DA l'unité, alors que la boîte de 3 unités est cédée à 4.500
DA. Ce produit est très dangereux.
Cette année, grâce notamment au travail d'interception effectué par les
services concernés, notamment les services de sécurité, les étals n'étaient pas
aussi nombreux que les années précédentes. Toutefois, cette année, la
célébration de cette fête religieuse n'a pas fait que des
heureux, puisque de nombreuses familles ont passé la nuit de cette fête dans un
hôpital au chevet de leurs enfants. A la veille de cette fête,
les urgences des différentes structures de santé ont reçu une vingtaine de
blessés. La majorité des victimes sont des enfants âgés de 5 à 14 ans. Des
blessures aux yeux, des doigts et des mains amputés, sans parler des plaies
abdominales et des brûlures à différents degrés. Au lieu d'être une célébration
consacrée à la méditation et aux aspects spirituels de notre religion, on voit
malheureusement que cette fête a été complètement vidée de sa signification et
a été réduite, au fil des années, à une simple célébration caractérisée par les
décibels et les détonations de ces produits. Nos «ados» ne mesurent pas la
gravité de leurs méfaits et considèrent les pétards comme une manière de se
défouler, voire même de jouer. L'interdiction de l'importation des pétards et
le durcissement de la législation pour endiguer ce phénomène n'ont pas eu les
résultats tant escomptés. Importés illégalement de Chine et de Thaïlande, ces
produits sont mis en vente, à chaque coin de rue, et même devant les
établissements scolaires.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : J Boukraâ
Source : www.lequotidien-oran.com