Alger - A la une

Jouer les rabat-joie ' Pas question !



L'ivresse éphémère, quelquefois meurtrière, que procure un succès footballistique dure le temps de l'euphorie collective. Parce que je ne suis pas spécialiste du ballon rond, je laisse le soin aux experts, les bons bien sûr, de débattre de nos exploits sportifs. Pas question, pour autant, de jouer les rabat-joie. Je n'ai, certes, pas regardé le match Algérie-Tunisie, qui consacrait la finale d'une Coupe arabe dont je n'avais jamais entendu parler auparavant. Je stresse, inévitablement, quand l'équipe nationale est en première ligne. Mais je me fie à la clameur et je saute de joie quand j'entends fuser les youyous. Ce qui émeut encore plus, dans l'affaire, c'est que les Algériens, qui, d'ordinaire, ont fort à faire pour s'en sortir, oublient, durant un temps qu'ils n'ont aucune envie de calculer, qu'en dehors du plaisir que leur procure le sport roi quand il les mène à un certain sommet, combien la vie les malmène au quotidien. Le foot, ce moyen bien arrangeant d'égayer la rue tout en lui faisant quitter la partie sans grand heurt ! Oubliés, durant la fête, ceux qui refusent de passer le flambeau à une jeunesse qui fait toujours une brillante démonstration de son talent dès qu'elle en a l'occasion. Comment accepter qu'une Algérie promise au changement et qui regorge de talents prêts à en découdre continue de subir les pieds-de-nez successifs faits aux siens, et comment s'étonner que la rue soit plus disposée que jamais à mettre un holà définitif aux dérives dont elle subit les effets ' Elles sont belles, les rues du pays quand elles explosent de joie et que leurs occupants ne sont pas pris en chasse ! J'ai, l'espace de quelques minutes, repensé au pont aérien organisé en 2009 vers Khartoum, au Soudan, pour soutenir l'équipe nationale qui y affrontait, sous haute tension, une équipe égyptienne chauffée à blanc par des dirigeants peu amicaux envers les nôtres.À Alger comme au Caire, on avait fait du match pour la qualification à la Coupe du monde une affaire d'Etat. Le pont aérien en question avait contribué à démontrer que, quoi qu'il arrive, notre honneur serait sauf et qu'en Algérie, El Mouradia s'associait à la liesse populaire.
M.?B.?
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