Jeune coq
deviendra plus tard vieux loup* ! Le dicton est plus que vraisemblable. Il
tient beaucoup de la vérité. Et c'est souvent vrai… ! Là, on ne saute vraiment
pas du coq à l'âne ! Oh, pardon, plutôt du coq au loup ! Quelle gymnastique
devons-nous faire ? Ni plutôt de la basse-cour à la jungle ! Ni même de la
ferme à la forêt lointaine ou voisine ! Ou tout simplement d'une chose à son
contraire : sinon d'un extrême à l'autre !
Dans la nature
des volatiles, l'œuf deviendra tout naturellement tout petit poussin, bien
avant même que celui-ci ne devienne à son tour jeune et plus tard grand coq.
Sans plus… !
Quelle est alors cette relation du coq avec
le loup ? Celle entre un tout jeune bipède et un vieux quadrupède ? Entre un
vrai domestique et un véritable animal sauvage ? Entre celui qui réveille très
tôt son monde et celui qui fait peur à tout son monde ? Pourquoi donc jeune coq
deviendra-t-il vieux loup et non un tout jeune loup ou un quelconque chacal de
nuit ?
Le titre, à vrai dire, s'appuie sur des
animaux connus ou reconnus comme tels pour désigner cette ruse humaine allant
crescendo d'un être assez jeune à son semblable plutôt bien vieux. L'expression vaut ce qu'elle vaut sur le plan de la ruse dans son
côté graduel et plutôt vertical. Ici donc, il est question de ruse et de malice
dans toute l'étendue de l'expression usitée ou tout simplement dans les deux «
concepts » empruntés à ces animaux pour tout juste désigner le chef parmi les
chefs des malins et très rusés êtres humains dans cette sphère de la ruse où le
jeune coq fait figure de simple amateur, trahi par son attitude et son
comportement hautins, vaniteux et condescendants.
Cependant, l'expérience de la vie a bien
démontré que la montée en cadence ou en puissance dans l'assouvissement « des
besoins de luxe » chez l'être humain le pousse tout simplement à démarrer dans
sa vie comme un quelconque jeune coq, en tentant à plus tard bien terminer ses
derniers jours tel un vieux loup, aidé par l'expérience accumulée depuis.
Ainsi, plus le responsable local ou national
vieillit, dure ou perdure dans sa responsabilité ou fonction, plus il s'éloigne
le plus logiquement du monde des qualités et valeurs intrinsèques louées au
jeune coq pour épouser finalement celles que tout le monde attribue
volontairement au vieux loup. L'expérience marquant de son empreinte le temps
l'invite donc à escalader une à une ces marches de l'interdit et des nombreux
non-dits, faisant de lui, parfois même malgré lui, ce loup bien aguerri et très
bien entraîné à ces filouteries, lesquelles manquent fondamentalement au
registre du tout jeune coq, imbu de sa personnalité et soucieux de son apparat
dans son côté élégant et très distingué.
Le phénomène en question a de quoi nourrir
toutes les prétentions des uns et des autres, parfois bien démesurées dans
cette folle course lancée à vive allure vers cette quête à tout prix de l'argent,
à l'origine douteux, et d'une notoriété le plus souvent surfaite.
La politique est donc ce terrain de
prédilection vers où convergent ces êtres humains, inspirés de ces «seules
aspirations animalières», visibles à l'Å“il nu et de loin. La ruse propre au
loup, l'animal, cède le pas et beaucoup de terrain à «Loulou» ; l'autre loup
des êtres humains.
Ainsi donc, sur ce vrai terrain du véritable
mensonge, à peine voilé ou détecté, se côtoient au besoin mais à longueur de
temps le jeune coq avec le vieux loup. Convoitant souvent la même chose ou
ayant fondamentalement les mêmes objectifs, si ce n'est l'Å“il sur les mêmes
avantages et nombreux privilèges, ils s'y prennent cependant au travers de
certains procédés souvent totalement différents.
Le premier fait appel à la force physique et
l'énergie de sa jeunesse au moment où le second met à contribution celle plutôt
mentale et le savoir-faire accumulé au poste. A la bonne raison du premier
nommé correspond donc le fait accompli de la seule raison de faire ou de
défaire les choses pour ce dernier cité mais non le dernier à être né. Celui-ci
affiche – tout fier de son action – ses légales et nombreuses prétentions à
l'heure où celui-là joue la prudence, en ne découvrant jamais en public ses
cartes maîtresses ou puissants atouts.
Finalement, l'un n'est tout juste qu'un
modeste herbivore et bon céréalier sur les bords au moment même où l'autre
passe pour être un vrai carnivore. Juste une poignée de grains suffit à apaiser
la faim et satisfaire à l'appétit de celui-là. Par contre, il faut tout un gros
cadavre à dépecer et à décortiquer et dévorer pour cet autre, tenant du fauve
la férocité et des bêtes intelligentes ou pas si bêtes la malice des gens doués
ou vraiment instruits.
Dans les deux cas de figure, nous avons donc
affaire à cette farce, capable de forcer le destin, pour remplacer le génie
humain.
Et dans le monde politique de nos jours, cela
est devenu un « menu commun et parfois régulier » d'avoir à connaître de ces
fétus de la vingt-cinquième heure, pressés de se mettre sous les feux de la
rampe. Pressés de paraître dans la peau d'un vieux loup, à l'origine simple
jeune coq.
Dans notre sphère politique menée à la peine
et avec beaucoup de haine contre des concurrents tout désignés par cette « troïka
contre-nature », il y a peut-être beaucoup de ceci et peu de cela ou
inversement. Peut-être même un peu plus de jeunes coqs que de vieux loups ou
vice versa.
La ruse du jeune coq s'arrête
fondamentalement au stade de la séduction dont sont victimes ou complices ces
jeunes poulettes, pensant caresser le physique ou jouir toutes seules des
honneurs dus à ce prince charmant. Tandis que celle des vieux loups va bien
au-delà de la raison des choses communes ou admises touchant l'ensemble de la
société.
Entre séduction et soumission se situe le
quartier général de l'un et de l'autre. Cela fait toute une trotte de passer de
ce monde-là à cet autre !
Autrefois, dès qu'on parlait du loup, il nous
sortait des buissons, nous provoquant tous ces difficiles frissons. De nos
jours, à peine avons-nous terminé de prononcer son nom que c'est plutôt le tout
jeune coq qui nous pointe du doigt ou se pointant à l'horizon. Si ce n'est de
sa présence physique parmi nous pour nous faire croire que c'est lui le loup en
question même si tout le monde est convaincu du contraire de sa vaine
prétention ou action de faire dans l'imitation.
Avec beaucoup de peine et surtout tous les
nombreux honneurs dus à de vrais combattants, la génération de novembre a déjà
tiré sa révérence ou tire encore à sa fin. Que Dieu nous préserve ceux encore
en vie !
Grands guerriers,
dotés de ce qualificatif de vieux loups durant la révolution, ils sont
probablement tous restés ainsi à l'indépendance du pays.
Le grand manège auquel nous assistons aujourd'hui
tend-il à faire d'un tout jeune coq un vieux loup dans cette quête de faire
aussi bien que les premiers ?
Alors, jeune coq deviendra-t-il, un jour,
vieux loup ? Apparemment, le chemin à parcourir est encore trop long… !
Un peuple courageux, brave et vaillant, comme
celui algérien, ayant vécu ou survécu à tous les soubresauts, aux côtés ou à la
lisière de la gouvernance du pays menée par ces vieux loups, ne peut
honnêtement leur souhaiter qu'une chose : que Dieu leur prête encore longue vie
!
L'amour qu'il porte à sa patrie est plus
grand que ne le pensent certains, bien loin de la réalité de cette Algérie
profonde. Pour les besoins de la cause longtemps défendue, il sait encore
patienter… Il n'est pas à un sacrifice près, de plus ou de moins ! L'Algérie,
son cher pays, mérite bien plus que cela.
C'est également cela la continuité dans la
révolution. A sa façon, il est cet autre combattant de l'Algérie qui offre en
échange de rien sa vie à sa vraie patrie.
Manifestement donc, il est ce soldat décidé à
mourir debout ! Il est cette sentinelle à ne dormir jamais ! Pas même lorsque
ses cils s'alourdissent et se referment sur ses yeux pour l'empêcher de voir
juste plus loin que le bout de son nez !
(*) Se dit au
sujet des carrières des fonctionnaires.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Slemnia Bendaoud
Source : www.lequotidien-oran.com