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«Je n'ai jamais cru à la politique



«Je n'ai jamais cru à la politique
Basketteur dans les rangs de l'équipe nationale algérienne, puis devenu comédien célèbre en France, Le Comte de Bouderbala, de son vrai nom Sami Ameziane, 36 ans, originaire de Kabylie, surnommé «le roi des fous» en France, se dit content de revenir dans son pays d'origine. Invité à la 2e édition du Festival international du rire Algé'Rire Comedy, qui s'est tenu ce mois-ci, Le Comte de Bouderbala, qui a accepté de se livrer pour El Watan, revient sur son parcours et son passage à Alger.Vous étiez donc basketteur dans l'équipe nationale algérienne?Effectivement. J'ai même gagné des titres avec cette équipe, comme le Championnat arabe des nations en 2000 et celui organisé à Djeddah en 2005. J'avoue que j'avais quelques soucis liés à des considérations subjectives. Mon expérience en Algérie m'a permis de savoir que dans le monde du sport, ce n'est pas toujours le travail qui prime. Les connaissances et les connexions sont tout aussi importantes dans ce domaine, ce qui n'est heureusement pas le cas dans les spectacles vivants, comme le stand-up. Donc, heureux de revenir encore dans un contexte différent. Comment avez-vous trouvé le public algérien 'Très chaleureux, réceptif et enthousiaste. Un bon public. Quant à l'ambiance, elle était diluée dans la salle. Nous avons eu des gens dans l'intervalle d'âge varié entre 15 ans et 75 ans. Au final, j'avoue que j'ai passé une belle soirée en présence de ma famille algérienne venue nombreuse assister au spectacle. Un moment magique pour moi.Vous savez très bien que la société algérienne est conservatrice, mais vous avez osé quand même casser les tabous. N'avez-vous pas pensé à la réaction du public algérien 'J'ai toujours cru que tout ce que nous pouvons se dire entre amis ou entre famille, nous pouvons aussi le raconter aux autres par le biais du rire. J'ai juste envie de rire avec les gens, car le rire est aussi ce qui nous relie les uns aux autres. Je pense qu'il faut apprendre à parler de tout. Si votre fils se drogue et que vous n'osez pas aborder le sujet avec lui car c'est tabou, cela le mènera à sa perte, car vous n'aurez rien fait pour l'en empêcher. Alors, il faut parler de tout.Pour ceux qui vous considèrent comme humoriste engagé?Je n'ai jamais cru à la politique. Je vous assure que vous allez attendre longtemps si vous espérez que les politiciens vont changer votre vie. Je suis assez bon public, car je traite des sujets de société qui nous touchent directement en tant qu'Algériens de France ou Français d'origine algérienne, tout dépend du contexte. C'est aussi lié à la crise identitaire et à la perception qu'ont les gens sur nous. En Algérie, nous ne sommes pas considérés comme de vrais «Algériens». En France idem, car nous ne sommes pas, pour certains, de vrais Français. Et je trouve amusant de parler de tous ces problèmes-là. Aux Etats-Unis où j'ai vécu une partie de ma vie, ce problème ne se pose plus, car là-bas la diversité est perçue comme une richesse, contrairement à l'Algérie ou à la France.Vous avez pratiquement présenté le même spectacle que vous avez réalisé en France. Ne pensez-vous pas qu'il est plutôt destiné aux Français 'A la base, mon spectacle était destiné aux gens qui voulaient rire. Mais comme je suis né et que j'ai grandi en France, je l'ai évidemment écrit en français en ayant le sentiment qu'il plaira aussi aux Algériens. Les Algériens n'ont pas tous le même parcours, car l'Algérie n'a jamais eu la même histoire d'une façon continuelle.Puis, je ne me pose pas trop de questions. Je me dis : dis ce que t'as à dire et fais ce que t'as à faire. A la fin du spectacle, j'en tire les conclusions, je retravaille, et puis j'avance.Vos prochains projets?Il y a un deuxième spectacle qui arrive. Un DVD qui est déjà sorti. Un film en écriture et quelques projets cinématographiques sont à venir.


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