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Ecris-moi un mouton, un spectacle sur l'Algérie d'hier et d'aujourd'hui



Ecris-moi un mouton, un spectacle sur l'Algérie d'hier et d'aujourd'hui
Par le biais de ce spectacle monté par Emilie Flacher (metteur en scène) et Sébastien Joanniez (auteur), de la compagnie Arnica, les deux artistes font une plongée dans l'Algérie d'hier et d'aujourd'hui. Ayant l'avantage de n'avoir aucun lien avec l'Algérie, donc a priori aucun parti pris vis-à-vis de l'histoire que se partagent les deux pays, ils ont réussi à mettre le doigt sur les plaies que se partagent les deux peuples.«C'est en rencontrant de nombreux anciens appelés de la Guerre d'Algérie que l'idée m'est venue de participer au projet de mise en scène», a expliqué Emilie Flacher à El Watan. «Auparavant, je ne connaissais pas grand-chose sur cette histoire, au même titre d'ailleurs que la majorité des Français». S'ensuivirent alors plusieurs rencontres avec ces «oubliés» de l'histoire, vivant en majorité dans les zones rurales françaises. Malgré le temps passé, ils ont tous gardé enfoui au fond de leur c?ur cet épisode de la guerre d'Algérie. «Après plusieurs rencontres, les anciens appelés se sont mis à parler de cette période.J'ai senti une amertume au fond d'eux-mêmes. Certains éprouvaient même des regrets. Mais tous ont gardé l'image d'un pays qu'ils ont adoré, en dépit des difficultés vécues sur place à cause de la guerre», a ajouté Emilie Flacher, qui a passé plus d'un mois en Algérie à la rencontre des Algériens aussi.Le spectre de la guerre est toujours visible chez les appelés françaisPrésenté dans le cadre de la huitième biennale internationale des Arts de la marionnette au théâtre des Métallos à Paris, le spectacle, composé de trois parties, s'est pratiquement joué à guichets fermés. Intitulée «On dirait rien longtemps, puis tout à coup», la première partie est un recueil de témoignages d'anciens appelés français, d'Algériens vivant en France et de tous ceux qui ont une relation, visible ou enfouie, avec l'Algérie.Les deux artistes se sont lancés dans de très nombreuses rencontres, nourrissant ainsi un texte riche, incisif et souvent empreint de tristesse et de nostalgie. Pour certains Français, c'était la première fois qu'ils évoquaient un épisode intense de leur vie. Une sorte de braise toujours brûlante cachée au fond de leur c?ur et dont ils ne peuvent pas vraiment parler.Le rêve d'un pays lointain mais proche en même temps. La seconde partie évoque les premières années de l'indépendance et l'immigration. C'est le temps des bidonvilles, puis des barres d'immeubles implantées dans les banlieues, la naissance de la deuxième génération d'immigrés algériens dont les parents ont choisi de demeurer en France.Faire un jour Alger- Marseille en train 'Le quotidien de ces gens ne pouvait être différent de celui de leurs parents : chômage, rêve du retour, discrimination, difficulté de décrocher un emploi, marginalisation scolaire, etc., autant dire que le discours de l'intégration galvaudé par les gouvernements successifs depuis 1963 n'a pas donné ses fruits.Un constat d'échec sur lequel le metteur en scène et l'auteur n'ont pas voulu vraiment se focaliser trop puisque la troisième partie «On en croirait pas ses yeux» est une invitation au rêve d'une Algérie réconciliée totalement avec la France. Au point même que les frontières maritimes s'estompent, au point d'inaugurer une ligne de train Alger-Marseille-Alger qui transportera tous ceux qui veulent aller d'une rive à l'autre.La Méditerranée se transformera en désert et il y a risque de voir la réapparition des chameaux pour rapprocher un peu plus ces deux continents qui ont dérivé. Mais bien évidemment, la troisième partie, pleine d'images irréalistes, n'est que pure fiction et fantasme. Qu'on se le dise.


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