La wilaya de Constantine peut se targuer de compter, depuis pratiquementcinq ans, une centaine d'entreprises étrangères dont une bonne moitié denationalité arabe. Chinois, Français, sont également présents en force. Ce qui donne une idée surl'ouverture de la capitale de l'Est à l'investissement étranger. Cependant, àparler vrai d'investissement étranger à Constantine c'est peut être aller viteen besogne. La Syrie par exemple, le pays arabequi compte dans la ville des ponts, une trentaine d' « entreprises » ou encorela Tunisie qui compte une vingtaine, font plutôt du commerce où lesConstantinois trouvent une juste consolation dans l'achat de pâtisseriestraditionnelles, de tissus en tous genres, de broderie... Autant dire des métiers quirestent en marge des ambitions économiques d'une Algérie qui multiplie lesopérations de charme à l'endroit de l'investissement direct étranger. Et cen'est pas les deux bonnes dizaines d'entreprises chinoises installées àConstantine qui vont démentir le fait que les étrangers qui viennent en Algériese soucient plus à ouvrir boutique, pour vendre que faire montre d'une réellevolonté de lancer les bases d'une production, créatrice d'emploi et de plus value.La France n'est d'ailleurs pas en reste sur ce registre et la dizained'opérateurs venus de l'hexagone, préfère l'import-import en tous genres ouencore le consulting en informatique et surtout en... investissement. L'Egypte,le Liban, la Turquie, la Jordanie et la Palestine qui comptent à eux seuls plusd'une trentaine d'entreprises suivent allègrement la cadence et commercent dansla tapisserie, la lingerie, la pâtisserie et le commerce en gros demédicaments. En termes d'investissements, les étrangers qui viennent àConstantine se contentent de louer des locaux dans des endroits bien situésdans la ville en y mettant le prix et c'est à qui exhibe le mieux lesspécialités natales. En effet, qu'ils soient Chinois, Irakiens, Marocains,Syriens, Tunisiens, Canadiens, Danois, Français, Italiens, Jordaniens,Libanais, Egyptiens, Turcs ou Palestiniens, aucun ne peut s'enorgueillird'avoir construit l'ombre d'une unité à caractère industriel. Si l'on exceptela présence du français Accor qui construit actuellement en partenariat avec legroupe Mehri deux hôtels à Constantine ou encore la présence des Japonais pourla réalisation de l'autoroute Est-Ouest, il n'y a pas de quoi se réjouir sur lechapitre de la présence d'entreprises étrangères à Constantine. Pourtant, leballet incessant des missions de prospection françaises, italiennes, espagnolesdans la ville des ponts, ces dernières années, restait très prometteur.D'autres missions étrangères de prospection sont encore attendues. Une remarquequ'on n'a pas manqué de soulever en présence du directeur de l'ANDI ConstantineHassan Lourari et le président de la chambre de commerce et d'industrie RhumelSouici Larbi. Ce dernier se montrera très incisif en s'interrogeant :est-ce-qu'on a vraiment besoin de commerçants et d'importateurs étrangers àConstantine ? Ceci pour indiquer que les investisseurs potentiels étrangers quiviennent en prospection ne trouvent pas de partenaires algériens qui puissentfaire valoir des capacités managériales, de marketing et technologiquessatisfaisantes. Et de souligner que les Algériens doivent plutôt se regrouperen consortium pour être un interlocuteur valable pour les investisseursétrangers. Le président du CCIR parlera des1500 entreprises en bâtiment existant à Constantine pour signifier que pas uneseule n'est capable de construire 100 logements/an. Notre interlocuteur parleraégalement de l'absence d'un environnement encourageant pour les étrangers, sanspour autant amoindrir des efforts des autorités locales. Cependant, il devaitinsister à dire que c'est insuffisant. Et de dire en ce sens qu'il fautregarder les IDE avec objectivité, non sans évoquer les lenteursbureaucratiques, le secteur bancaire et fiscal. M. Lourari pour sa part tout endéplorant cet état de fait tiendra à résumer son intervention en disant que lepays ne sait pas encore bien vendre son image et de soulever le problème decommunication qui doit à son sens revenir aux professionnels.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Mohamed Salah Boureni
Source : www.lequotidien-oran.com