Interpol serait sur la trace de la star algérienne de Raï, Cheb Mami, accusée dans le cadre d'une affaire de « violence volontaire » sur une ex-compagne. Une affaire qui semble encore susciter un grand intérêt des deux côtés de la rive de la Méditerranée. L'information, rendue publique par le journal arabophone national En-Nahar dans son édition d'avant-hier, n'a, jusqu'à hier, pas été confirmée par les autorités judiciaires algériennes. Selon En-Nahar, Interpol a demandé officiellement à l'Algérie de lui remettre Cheb Mami, de son vrai nom Mohammed Khalifati, déjà sous le coup d'un mandat d'arrêt international émis par la justice française, en date du 18 mai 2007. La demande de l'organisation internationale de police a été, selon la même source, remise à la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), qui en a informé officiellement le ministère de la Justice. Ce dernier, en a, à son tour, saisi le procureur de Saïda, où est situé le domicile familial de Cheb Mami. L'information qui, faut-il le souligner, n'a pas été confirmée de source judiciaire algérienne, suscite bon nombre d'interrogations, notamment au sujet d'une éventuelle extradition vers la France de la star du Raï algérien. Car, la loi algérienne est claire à ce sujet. Elle ne permet pas l'extradition des nationaux. Une source judiciaire algérienne avait en effet, jugé « fort improbable, voire exclue » l'éventualité de voir l'Algérie remettre Cheb Mami à la justice française, car, avait-elle expliqué au Quotidien d'Oran, « la loi algérienne, comme celles des autres pays de par le monde, interdit l'extradition des nationaux ». La même source avait affirmé par ailleurs, que Cheb Mami « pourrait être jugé par la justice algérienne au cas où la France lui communique son dossier », citant pour cela le cas du franco-algérien Henni Chobra, qui était recherché par les autorités françaises pour assassinat en France d'un jeune Français (lors d'une dispute avec un groupe de gitans), mais qui avait été finalement jugé en Algérie, par le Tribunal criminel d'Oran et condamné à 20 ans de réclusion criminelle, et ce, en dépit des efforts soutenus des autorités françaises pour rapatrier l'accusé et le juger en France. Autre point qui pourrait consolider la thèse d'un jugement par la justice algérienne, c'est que les faits pour lesquels Cheb Mami est poursuivi, et de l'aveu même de la victime présumée, ont eu comme théâtre, le sol algérien. Isabelle Simon, avait en effet, confié à la police française être partie à Alger à l'été 2005, où elle aurait été séquestrée dans la maison d'un ami de Cheb Mami, et où deux médecins lui auraient pratiqué un curetage. Revenue en France, la jeune femme aurait constaté la viabilité du f?tus et décidé de garder l'enfant, une fille, qui serait aujourd'hui âgée de 16 mois. Agé aujourd'hui de 41ans, Mami avait été, pour rappel, mis en examen le 28 octobre 2006 pour «violence volontaire, séquestration et menace sur victime pour tendre à un retrait de plainte» sur une ex-compagne, Isabelle Simon, photographe de presse spécialisée dans la musique raï, avant d'être écroué à la prison de la Santé à Paris. En février, il avait versé la caution nécessaire à sa remise en liberté et avait été placé sous contrôle judiciaire. Le 18 mai 2007, un mandat d'arrêt international a été émis par le tribunal de Bobigny près de Paris après la non-présentation de Cheb Mami qui était convoqué devant un juge d'instruction le 14 mai. Cheb Mami avait affirmé dans une interview exclusive accordée au Quotidien d'Oran, le 4 juin 2007, vouloir être jugé en Algérie. «Aujourd'hui, je suis dans mon pays. J'ai confiance en la justice de mon pays et je me tiens à son entière disposition si elle décidait de me juger».
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Posté par : sofiane
Ecrit par : H Barti
Source : www.lequotidien-oran.com