Alger - Revue de Presse

Après Belkhadem, Zerhouni rejette la commission d'enquête de Ban Ki-moon Alger - New York, le bras de fer commence



Le groupe d'enquête que doit désigner le secrétaire général de l'Onu pour «établir les faits» relatifs à l'attaque terroriste qui a visé le 11 décembre dernier, le siège du Pnud à Hydra, n'est pas le bienvenu à Alger. La porte-parole du secrétaire général de l'Onu avait indiqué que la composition de ce groupe indépendant comprenant des «experts internationaux extérieurs à l'Onu et son mandat, sera annoncée prochainement» et qu'elle attendait la «pleine coopération des autorités algériennes». Pas question, rétorque-t-on à Alger, où l'on ne se contente plus de formules diplomatiques pour signifier le rejet de cette commission d'enquête. Après le chef du gouvernement Abdelaziz Belkhadem, qui avait critiqué, de Madrid, la «mesure unilatérale» de M. Ban Ki-moon, le ministre de l'Intérieur, Yazid Zerhouni, a utilisé, jeudi, des termes plus durs pour fustiger la décision du secrétaire général de l'Onu. Pour le ministre de l'Intérieur, les responsables de l'Onu se comportent «en fausse vierge effarouchée». «Que va apporter de plus cette commission par rapport au travail déjà fait par les autorités algériennes ? A-t-elle une baguette magique qui nous permettra d'aller faire sortir les auteurs de ces attentats du maquis ?», s'est demandé M. Zerhouni dans une déclaration à la presse. «Pourquoi ceux qui parlent de commission indépendante n'ont pas avancé leur solution magique lorsque l'Algérie combattait seule le terrorisme ?», a-t-il poursuivi. M. Zerhouni a rappelé que les institutions de l'Onu dans le monde «ont été ciblées par le terrorisme» et que des attaques ont eu lieu dans d'autres régions du monde, dont les Etats-Unis, pour souligner «qu'aucun pays n'est à l'abri de la menace terroriste». Ces propos du ministre de l'Intérieur surviennent trois jours après une première réaction du chef du gouvernement critiquant la «mesure unilatérale» de l'Onu. Une mesure qui «ne peut être accueillie favorablement car l'Algérie fait son devoir au sujet de cette question» avait-il déclaré, en soulignant que «l'ambassadeur d'Algérie auprès de l'ONU n'a pas été consulté et l'avis de l'Algérie n'a pas été pris». Les «règles n'ont pas été du tout respectées», avait-il souligné. La charge de Kemal Dervis On voit mal, après ces déclarations officielles, comment la commission d'enquête de l'Onu pourrait venir à Alger et avoir «la pleine coopération des autorités algériennes». La constitution de la commission, dont les membres seront désignés dans les prochains jours en dehors des personnels de l'Onu, répondait à une revendication du personnel de l'Onu. Elle intervient après la remise d'un rapport du secrétaire général adjoint à la sécurité, David Vernes, dont la teneur n'a pas été rendue publique. La commission d'enquête, selon le communiqué de l'Onu, devra approfondir l'enquête menée par David Vernes. Même si ce rapport reste confidentiel, Kemal Dervis, responsable du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), a clairement reproché au gouvernement algérien de ne pas avoir pris les mesures nécessaires pour protéger les bâtiments du PNUD. Selon lui, Babacar Ndiaye, le responsable de la sécurité de l'Onu à Alger, qui a été tué dans l'attentat, a demandé, en vain, après les attentats du 11 avril, des mesures de sécurité particulières. «Le gouvernement algérien n'a pas répondu, c'est un fait établi» a déclaré M. Dervis. Le secrétaire général de l'Onu qui ne serait «pas content de la réaction des Algériens», selon un diplomate cité par le journal Le Monde, sait désormais, à la lumière des réactions officielles algériennes qu'il ne peut s'attendre à ce que sa commission d'enquête soit accueillie à Alger. Elle sera forcée dans le meilleur des cas à travailler à New York. L'affaire est sortie désormais de la gestion diplomatique discrète pour des prises des positions médiatiques tranchées. Alger qui est traditionnellement hostile à toute commission d'enquête internationale a signifié qu'il n'est pas question de transiger. Le secrétaire général de l'Onu, pressé par le syndicat des personnels, s'est trop avancé. On risque d'assister à un long bras de fer entre Alger et New York.
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