Alger - Revue de Presse

Industrie automobile



L’Algérie opte pour les Chinois En marge de l’ouverture des Jeux olympiques 2008, le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a engagé des discussions avec son homologue chinois sur le développement des relations bilatérales et les opportunités d’investissement en matière d’industrie automobile en Algérie. Un large exposé sur les grands cons-tructeurs chinois a été présenté au chef de l’Etat, notamment les géants de l’automobile chinoise la DENG FENG Automobile (DAM), la FIRST Automobile Works (FAW) et la DONG FENG Automobile Corporation. Un accord de principe a été conclu entre les deux parties, apprend-on de source officielle et une commission technique devrait se rendre prochainement en Chine pour finaliser les projets de construction automobile dans notre pays. Les Chinois se sont ainsi engagés à réaliser dans un premier temps, en deux années, deux usines de montage qui produiront une gamme variée de véhicules allant de la petite berline aux voitures utilitaires, camions et cars. Une société algéro-chinoise de construction automobile sera à cet effet créée prochainement entre les deux parties. Les observateurs de la scène automobile s’attendaient un peu à cet accord après que le marché automobile algérien eut connu une grande anarchie tant sur le plan qualité que diversité des véhicules écoulés. Ce qui a poussé les pouvoirs publics à réagir par toutes une série de mesures tendant à le réguler et rendre les véhicules écoulés chez nous conformes aux normes internationales, la majorité des voitures européennes commercialisées en Algérie ayant toujours été différentes de celles vendues en Europe. Comme cela est le cas de Renault, Peugeot et autres marques. Le choix des constructeurs chinois n’est donc pas fortuit. La Chine compte 120 grands constructeurs et les progrès réalisés dans le secteur ne sont plus à prouver tant les marques de ce pays concurrencent actuellement le marché européen et même américain où le modèle Zhon Guna, de la firme Brillance-chinoise, est très convoitée tant par sa fiabilité, sa technologie et sa sécurité de route que par son prix très abordable. Signalons que l’industrie automobile chinoise a produit 5,9 millions de véhicules en 2005 et il est attendu une production de 7 millions en 2008. Par ailleurs, lors du dernier conseil des ministres, M. Bouteflika a exprimé, à la fin de la réunion, «la ferme volonté» des pouvoirs publics d’assainir un marché devenu «un fourre-tout», «une suite de méli-mélo», «un souk» «où n’importe qui vend n’importe quoi». Le conseil de gouvernement a ainsi examiné et adopté un décret exécutif fixant les conditions préalables et les modalités d’exercice de l’activité de commercialisation de véhicules automobiles neufs présenté par le ministre du Commerce. Le nouveau décret oblige les concessionnaires de véhicules neufs agréés en Algérie à respecter un certain nombre de normes de construction automobile. Désormais, la soixantaine de concessionnaires présents en Algérie seront obligés de s’en tenir strictement à certaines conditions, à commencer par la nécessité d’importer et de commercialiser des véhicules construits selon les normes en vigueur dans le pays d’origine, en l’occurrence les normes de qualité, de respect de l’environnement et de circulation. «L’Etat veut en finir avec cette idée selon laquelle les véhicules vendus en Europe n’ont rien de commun avec ceux destinés au marché algérien». Le ministre du Commerce a également relevé que certaines marques en provenance d’Europe ne portent aucune mention sur l’origine de la fabrication : «le châssis est fabriqué en Iran, la boite de vitesse en Espagne, le moteur en Inde et tout cela sans aucun contrôle et expédié en Algérie pour y être commercialisé». Selon le nouveau décret, les concessionnaires ne peuvent, d’autre part, plus exiger une avance de plus de 10% du prix de cession du véhicule, contre 20 à 40% actuellement, ce qui est «contraire à la loi». Le gouvernement a par ailleurs apporté une précision au projet de décret exécutif relatif à la profession de concessionnaire automobile, pour exiger de tout concessionnaire la présentation d’un prototype de chaque modèle avant de le commercialiser sur le territoire national, tout véhicule devant ainsi faire l’objet d’un certificat de conformité sur la base d’un prototype qui sera mis à la disposition des services de contrôle habilités du ministère du Commerce et de l’Industrie. Le nouveau texte oblige en outre le concessionnaire à assurer le service après-vente, qui était jusque-là facultatif, et fixe la durée de garantie à 24 mois au minimum. Dans le cas où le véhicule est retenu pour les besoins de la réparation pendant cette période de garantie, le concessionnaire est tenu de mettre gratuitement à la disposition du client un autre véhicule. Par ailleurs, en cas de manquement à ces obligations, y compris le défaut de fabrication, le client peut déposer plainte auprès de la direction du commerce territorialement compétente. Dans ce cas, il est soit remboursé sans avoir à payer des frais supplémentaires, soit son véhicule est remplacé dans les meilleurs délais. Il est attendu un certain nombre de changements à la lumière des nouvelles dispositions prises par les pouvoirs publics afin de réglementer ce marché, tout en privilégiant la voie de l’industrie automobile en Algérie qui ouvrira de nouveaux horizons tant sur le plan qualité/prix, sur les plans de la création de postes d’emploi et de richesses que sur celui du transfert de technologie. B. Soufi
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