
Le cours du Brent a été coté le 12 décembre 2015 à 37,71 et celui du WIT à 35,35 avec un cours euro/dollar de 1,098, l'euro à 117,336 dinars algériens et 106,650 dinars un dollar.Selon les données de la Direction générale de la prévision et des politiques (DGPP) du ministère des Finances, reprises par l'APS, les avoirs prélevés du FRR ont atteint 2.965,6 mds de DA en 2014 (contre 2.132,4 mds de DA en 2013), soit les plus importants retraits enregistrés depuis 2000. Ces prélèvements opérés en 2014 ont servi exclusivement à financer le déficit du Trésor de l'année dernière, qui s'est creusé à 2.965,6 mds de DA, un plus haut jamais atteint depuis 2000. A fin 2014, les avoirs du FRR s'étaient établis, après prélèvements, à 4.408,4 mds de DA (contre 5.563,5 mds de DA à fin 2013). Pour fin 2016 le Fonds de régulation des recettes (FRR), est estimé à 1.797 md de DA à fin 2016, soit au cours de 106 dinars un dollar 16,95 milliards de dollars. 4.-Impact sur la sphère réelle : taux de croissance, inflation, chômage Le problème qui se pose, avec la baisse des recettes de Sonatrach, le gouvernement pourra t-il continuer dans sa politique de subventions généralisées et non ciblées ' Les transferts sociaux selon la loi de Finances 2016 sont en hausse à 7,5 à 23% du budget de l'Etat, avec une enveloppe de 477 milliards de DA pour le soutien à l'habitat, 446 milliards de DA pour le soutien aux familles, dont 222 milliards de DA pour la subvention des prix des produits de base (céréales, lait, sucre et huile), ainsi que 316 milliards de DA pour le soutien à la santé soit 1461 milliards de dinars soit 13,78 milliards de dollars.. Subventions et transferts sociaux 60 milliards de dollars presque 27/28% du PIB et au sein uniquement des subventions les carburants représentent plus de 11 milliards de dollars, prix de l'électricité plafonné depuis 2005 expliquant le déficit structurel de Sonelgaz ayant préconisé une Chambre nationale de compensation inter -socioprofessionnelle et inter- régionale. Outre le risque de tensions au niveau des caisses de retraite, la demande d'emplois entre 300 000/350 000 par an nécessite un taux de croissance en terme réel (devant raisonner à prix constants et jamais à prix courants) de 8/9% pendant 5 à 10 ans pour réduire les tensions sociales. Bien que les données du ministère des Finances font état d'une hausse significative du PIB de l'Algérie qui s'est établi à 17.731 milliards de DA (environ 221 milliards de dollars) en 2014, contre 16.570 mds de DA (196 mds de dollars) en 2013, le taux de croissance, moyenne annuelle, n'a pas dépassé 3% entre 2000/2014. Pour environ 70%, les besoins des ménages et des entreprises publiques et privées dont le taux d'intégration ne dépasse pas 70% provient de l'extérieur, la rubrique matières premières ayant été de plus de 17 milliards de dollars en 2014, expliquant la hausse des coûts et donc des prix avec le dérapage du dinar. Les 5/6% de taux de croissance hors hydrocarbures avec la dominance du BTPH ( avec une exception pour l'agriculture dont une partie des inputs proviennent également de l'extérieur) ont été rendus possible à plus de 80% que grâce à la dépense publique via la rente des hydrocarbures durant cette période. En rappelant que selon le FMI, données corroborées par les rapports de la banque d'Algérie, les recettes ont été de 780 milliards de dollars entre 2000/2014 et les importations en devises d'environ 588 milliards de dollars. Selon l'ONS, 83% de la superficie économique est constituée de petits commerce/services. Le secteur industriel représente moins de 5% du PIB et sur ces 5% 95% sont des PMI/PME peu initiées au management et à l'innovation, technologique alors que s'impose des innovations technologiques impliquant un investissement massif dans la recherche développement, le capital argent n'étant qu'un moyen ne créant pas de richesses. Ainsi, il s'agira d'éviter de fausses polémiques en distinguant démonopolisation (favorisant le secteur privé nouveau) ne devant plus faire la différence entre secteur privé et secteur public qui doivent évoluer dans un environnement concurrentiel, mais parler d'entreprises et privatisation qui constitue une cession partielle ou totale d'actifs. Le projet de loi d'investissement ne concerne pas Sonatrach et Sonelgaz soumises à des lois spécifiques. Comme le droit de préemption qui constitue un acte de souveraineté nationale, un simple conseil des ministères étant suffisant pour les segments stratégiques qu'il s'agit de définir ave précision car historiquement datés. 5.-Eviter l'illusion organisationnelle et monétaire Le blocage étant d'ordre systémique, l'Algérie, pour surmonter la situation actuelle a besoin d'une vision stratégique, de cohérence, de visibilité et de leadership. L'on devra éviter tant l'illusion organisationnelle sans objectifs stratégiques (combien d'organisations et de codes d'investissement depuis l'indépendance politique) que monétaire. Car le dinar est passé de 4 dinars un dollar vers les années 1975 à 16 dinars un dollar avant la dévaluation de 1994, 45 dinars un dollar après la dévaluation et actuellement 107 dinars un dollar. Parallèlement, l'Algérie a connu différentes organisations de 1963 à 2015 : sociétés nationales, fonds de participation de l'Etat, Holdings, sociétés de gestion des participations de l'Etat et actuellement groupes industriels et l'Algérie est toujours dépendante des hydrocarbures 95% des exportations et incluant les dérivées d'hydrocarbures 98%.le défi est de réfléchir aux voies et moyens nécessaires de dynamiser le tissu productif, entreprises publiques et privées locales et internationales créatrices de valeur ajoutée interne, devant se fonder sur l'entreprise créatrice de richesses et l'économie de la connaissance. Comme je l'ai annoncé depuis près de trois années (voir www.google.fr et débat RFI Paris 24 octobre entre le Pr Abderrahmane Mebtoul et le Pr Antoine Halff ancien économiste en chef du secrétariat d'Etat à l'Energie US) ) et devant le premier ministre algérien lors de la conférence organisée par le ministère de l'Industrie à Alger (05 novembre 2014), les ajustements économiques et sociaux à venir seront douloureux, impliquant un comité de crise indépendant, un discours de vérité, une moralité sans faille de ceux qui dirigent la Cité. Tenant compte de toutes les sensibilités un large front national de toutes les algériennes et les algériens s'impose. L'Algérie doit profiter de sa relative aisance financière, dette extérieure très faible, moins de 4 milliards de dollars et bien utiliser ses réserves de change en transformant cette richesse virtuelle en richesses réelles, de libérer toutes les énergies créatrices, et donc de réaliser la transition difficile vers une économie hors hydrocarbures dans le cadre des valeurs internationales. L'Algérie en ces moments difficiles tant sur le plan géostratégique qu'économique n'a pas besoin de polémiques stériles. A ce titre, le débat contradictoire productif au profit exclusif des intérêts supérieurs du pays afin d'aller vers un renouveau de la gouvernance me semble être la seule voie pour surmonter et résoudre les nombreux défis qui nous attendent. L'Algérie en a les moyens pour peu que l'on développe un discours de tolérance, personne n'ayant le monopole du nationalisme ou de la vérité. (Suite et fin)
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abderrahmane Mebtoul
Source : www.lnr-dz.com