Alger - Revue de Presse

Il sera entendu aujourd’hui dans les locaux de Scotland Yard



Dernière ligne droite pour Khalifa Abdelmoumène L’ancien patron du groupe Khalifa, Abdelmoumène Khalifa, devra se rendre aujourd’hui dans les locaux de Scotland Yard pour être entendu par la police londonienne. Arrêté une première fois à Londres le 27 février dernier, Abdelmoumène Khalifa a été libéré une semaine après son arrestation après avoir versé une caution. Jugé par contumace pour faillite frauduleuse, Khalifa Abdelmoumène fait l’objet d’un mandat d’arrêt international lancé par l’Algérie qui réclame son extradition. Exilé à Londres depuis la chute de son empire financier en 2003, Rafik Khalifa a été détenu le 27 février par Scotland Yard pour «séjour irrégulier et blanchiment d’argent». Le préjudice occasionné par la faillite de sa banque à l’Etat algérien et aux épargnants se situerait entre 1,5 et 3 milliards de dollars. L’Algérie et la Grande-Bretagne ont échangé, il y a quelques jours, les instruments de ratification d’un accord d’extradition signé en juillet 2006 lors du premier séjour en Grande-Bretagne du président Abdelaziz Bouteflika. L’Algérie a envoyé une délégation ministérielle à Londres qui a séjourné dans la capitale pour finaliser la demande d’extradition de l’ancien patron du groupe Khalifa, réfugié à Londres depuis 2003. D’autres sources avaient avancé, par contre, l’hypothèse d’une commission rogatoire internationale demandée par l’Algérie pour permettre à la justice algérienne d’interroger Khalifa à Londres. Cette éventualité a été évoquée lors d’un entretien du ministre de la Justice, Tayeb Belaiz, avec l’ambassadeur de Grande-Bretagne à Alger. La rencontre, qui a eu lieu à la demande de l’ambassadeur britannique, a porté sur la coopération judiciaire entre l’Algérie et la Grande-Bretagne et a constitué peut-être l’amorce de la mise en œuvre de la procédure d’extradition de Rafik Khalifa. L’Algérie et la Grande-Bretagne sont liées désormais par une convention d’extradition qui avait été signée en juillet 2006 lors de la première visite officielle à Londres du président Bouteflika. La convention ratifiée par le parlement britannique en octobre 2006 et publiée au Journal officiel algérien le 13 décembre n’entrera en vigueur, elle, qu’après l’échange officiel de ces instruments de ratification entre les deux pays. Cet échange n’a pas encore eu lieu mais tout porte à croire que le Foreign Office aurait adressé la convention ratifiée et signée à l’ambassade britannique à Alger, et remis le document au gouvernement algérien. C’est à partir de ce nouvel élément que le gouvernement algérien a décidé d’envoyer une délégation ministérielle pour entamer les démarches nécessaires en vue de l’extradition de Abdelmoumène Khalifa. L’Algérie et la Grande-Bretagne n’avaient pas auparavant d’accords d’extraditions. Il a fallu la visite officielle à Londres du président Bouteflika en personne, la première du genre depuis l’indépendance du pays, pour que l’enjeu ait autant d’importance, tant pour Londres que pour Alger. Le but de ce voyage était de faire avancer, en deux jours, le dossier judiciaire des extraditions auxquelles Londres s’est refusé jusqu’à présent. La partie anglaise arguait, à chaque fois, le risque encouru par les ressortissants algériens incriminés dans des affaires de terrorisme ou réfugiés au Royaume-Uni, comme le «roi déchu Abdelmoumène Khalifa». D’autres pourparlers étaient nécessaires pour boucler le dossier épineux de la coopération judiciaire bilatérale conclue finalement par la signature de quatre accords. Ils ont été rédigés «sur le modèle de ceux déjà passés avec beaucoup d’autres pays en matière judiciaire, pénale, de réadmission et d’extradition», a affirmé à l’époque un diplomate anglais. En retour, le président Bouteflika a promis de donner des «assurances diplomatiques» quant au sort réservé en Algérie à ceux que Londres souhaite y renvoyer. Cela ne concerne pas évidemment la quinzaine d’Algériens que la justice britannique suspecte d’activités terroristes. Immédiatement après la signature des quatre accords, la partie britannique annonce que plus de 200 Algériens ont déjà été expulsés «sans problème» en Algérie, pour des délits ou un séjour illégal au Royaume-Uni. Said Farhi
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)