Le ministre malien des Affaires étrangères, Moctar Ouane, a affirmé,
mercredi dernier, que son pays tient absolument à avoir des rapports de bon
voisinage avec la Mauritanie et l'Algérie.
Alger et Nouakchott avaient
vivement condamné, la veille, l'attitude du Mali à qui ils ont reproché d'avoir
pactisé avec Al Qaïda après avoir libéré quatre terroristes pour obtenir celle
d'un otage français. «Le gouvernement du Mali demeure profondément attaché aux
relations séculaires de fraternité, d'amitié et de bon voisinage, en
particulier avec l'Algérie et la Mauritanie», a déclaré le ministre malien qui
est également chargé de la coopération internationale. Le chef de la diplomatie
malienne animait une rencontre avec le corps diplomatique accrédité au Mali. La
réunion regroupait, outre les ministres maliens de l'Administration
territoriale et de la Justice, les diplomates et les représentants des
organisations internationales accrédités au Mali. Le ministre malien s'est dit
«vouloir apporter à la communauté internationale un éclairage» sur le jugement
rendu le 18 février 2010 par le tribunal de première instance de Bamako et la
libération, le 22 février suivant, du Français Pierre Camatte. «Le Mali
intensifiera ses efforts en vue de la préservation de ses relations, notamment
par le renforcement du dialogue politique entre les trois pays», a affirmé M.
Ouane, avant de réaffirmer la volonté du Mali de «combattre le terrorisme et le
banditisme transfrontalier sous toutes ses formes».
Moins de 48 h après ces
déclarations, la ville malienne de Koulouba a abrité, hier, le Conseil
supérieur de la défense. Présidée par le président Amadou Toumani Touré, cette
réunion vise à adopter une nouvelle stratégie malienne de lutte contre le
terrorisme. Elaborée par le gouvernement malien, la mise en Å“uvre de cette
nouvelle stratégie «nécessitera un appui politique, diplomatique, matériel et
logistique de tous les acteurs engagés dans la lutte contre le terrorisme aux
plans national, régional et international», a expliqué le chef de la diplomatie
malienne. Ce ministre a rappelé que dans le cadre de la lutte contre les
réseaux criminels opérant dans l'espace sahélo-saharien, le Mali a mis en place
des unités spéciales et a offert aux pays voisins sur le territoire desquels
des actes criminels seraient commis par lesdits réseaux d'exercer un droit de
poursuite sur son sol. M. Ouane a également rappelé que le Mali a proposé à ces
mêmes pays l'organisation de patrouilles mixtes le long des frontières
communes. Il faut dire que le Mali a été le théâtre des dizaines d'assassinats
dans les rangs de l'armée malienne lors des accrochages, survenus en juillet
2009, avec les terroristes d'Aqmi.
Huit mois après avoir payé ce
lourd tribut, le président malien Amadou Toumani Touré est rattrapé par
l'amnésie. Pour faire plaisir à Sarkozy, le président malien a mis la forme en
organisant une parodie de procès à l'aube et à l'insu de tous pour condamner
les quatre islamistes à neuf mois d'emprisonnement - comme par hasard la durée
exacte de leur peine déjà effectuée en prison. Le tribunal de première instance
de Bamako a, en effet, condamné, le 18 février, à 9 mois de prison les
terroristes Mohamed Ben Ali et Tayed Naïl de nationalité algérienne, Béïd Ould
Nafaa de nationalité mauritanienne et Houdo Karifo de nationalité burkinabé
pour détention illégale d'armes, des munitions et des appareils électroniques.
Sous l'argument fallacieux que «cette peine étant couverte par le temps de
détention des prévenus», les quatre terroristes ont été libérés au mépris des
engagements internationaux. Ce pays a en effet signé plusieurs engagements
bilatéraux, régionaux et internationaux. Il s'agit notamment de la Convention
générale de coopération en matière de justice, conclue à Nouakchott le 25
juillet 1963 avec la Mauritanie, et la Convention de coopération judiciaire
signée à Bamako le 28 janvier 1983, avec l'Algérie. Le chef de la diplomatie
malienne a nié «toute violation de ces conventions», «puisque, dit-il, aucune
d'elles n'oblige le Mali à extrader un ressortissant de ces Etats.» «Le
gouvernement du Mali, sollicité par la France et appuyé par d'autres pays et
des bonnes volontés nationales, a obtenu, le 22 février 2010, la libération de
Pierre Camatte qui était détenu depuis le 26 novembre 2009 par l'Aqmi», a
reconnu Moctar Ouane. Ce dernier a ainsi tenté de défendre le coup bas porté
par son pays dans le dos de l'Algérie et de la Mauritanie par le fait que «le
jugement du 18 février 2010 est et demeure une décision rendue par une justice
indépendante et dans le respect du principe de la séparation des pouvoirs qui
est une règle cardinale de l'Etat de droit auquel est fermement attaché le
gouvernement du Mali». Qui peut croire que la justice malienne est indépendante
?
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Amine L
Source : www.lequotidien-oran.com