
Voilà c'est fini, le Salon international du livre d'Alger tire à sa fin avec son lot de conférences, de tables rondes et de visiteurs par milliers qui n'ont cessé d'arpenter en grappes de familles entières les artères bien contiguës du salon. Un des piliers du Sila qui n'a cessé de suivre sa noble mission est l'Espace Esprit Panaf, qui vient, lui aussi, de boucler bagages non sans avoir instruit le public sur la littérature africaine, entre conférences, ventes, dédicaces et lecture dans un esprit de pure interactivité et d'échange avec le public. Première question que nous avons posée à Karim Cheikh responsable de l'espace Esprit Panaf, à la clôture, était relatif aux textes soumis aux éditeurs durant l'année et qui sont restés lettre morte. Or, une des promesses revendiquées l'année dernière était justement de mettre en place cette philosophie de l'«Espace» en lançant des partenariats de coédition. Déterminé, il nous répond sans ambages: «C'est la première remarque que j'ai faite en recevant les éditeurs cette année. Nous avons reçu des textes pendant l'année. Que j'ai soumis à différentes éditeurs qui ont participé l'année dernière à l'esprit Panaf. L'idée de l'année dernière reste d'actualité. C'est qu'on arrive à coéditer des livres sous le label de l'Esprit Panaf. Cela n'a pas été fait. Tout le monde a dit oui. On n'a pas été à fond dans cette histoire, et on a été d'accord. J'ai tout simplement dit, si l'Esprit Panaf ne donne pas de résultats dans le secteur de la coédition, dans ce que nous avons dit pendant l'année dernière, cela veut dire qu'on est en train de stagner. Pour moi cela ne suffit pas. J'ai mis un peu les points sur les «I» en espérant que l'année prochaine il y aurait une coédition sous le label de l'Esprit Panaf. J'espère que la sixième édition il y aura au moins deux ou trois titres dans ce sens». Pourquoi cette hésitation, ou cette frilosité de la part des éditeurs africains' l'avons-nous interrogé. Pour Karim Chikh ce n'est pas une question d'hésitation: «C'est que les gens quand ils vont renter chez eux, sont tout de suite pris dans la tourmente de tous les jours, même pour nous. On oublie les engagements. Il faut savoir aussi que ce sont des petits pays, le marché est petit. Je comprends un peu la situation des éditeurs africains dans leur pays. Ce n'est pas évident aussi mais il va falloir prendre les choses au sérieux et essayer d'aboutir au moins à un ou deux titres l'année prochaine pour montrer que cet espace existe, non pas parce qu'il a existé et donc on continue dans la tradition mais il faut des résultats. Il faut capitaliser tout cet investissement qui a été fait par l'Algérie depuis 2009.»Si le constat peut sembler quelque peu amer, notre interlocuteur est plutôt satisfait tout de même s'agissant de l'évaluation qu'il fait de cette édition qui vient de s'écouler: «Je suis content quant je vois les éditeurs qui repartent avec des valises presque vide de leurs livres, quand je vois tous les visiteurs qui sont passés, le monde qu'il y a eu lors des rencontres je suis plutôt content. Mais cela ne suffit pas il faut toujours être exigeant.»Y aura t-il alors des nouveautés l'année prochaine' Pour Karim Chikh il est évident qu'il devrait y en avoir. «Il y a des auteurs qui sont déjà sur place, qui ont déjà des manuscrits à prendre. Pour justement concrétiser ce projet de coédition sous le label d'Esprit Panaf.»
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : L'Expression
Source : www.lexpressiondz.com