
En raison de la complexité de l'opération à savoir : l'étendue de la catastrophe et l'ampleur des dommages, le degré de fragmentation des éléments de l'aéronef et leurs éparpillements, de l'absence de corps entiers et la présence de fragments de corps sur les lieux, l'identification des victimes du crash de l'avion de la compagnie «Swiftair» pourrait prendre une longue période, a déclaré Abdelkader Bouhadba, directeur de la police judiciaire.Intervenant dans une conférence de presse, le directeur de la police judiciaire M. Bouhadba Abdelkader a indiqué qu'il est trop tôt de parler d'identification des victimes du crash de l'avion qui s'est écrasé au Mali. Cette opération pourrait prendre des semaines, des mois et peut-être des années, a-t-il ajouté. «L'important, c'est d'arriver à la vérité», soulignant que l'identification est une priorité humaine. Au cours de son intervention M. Bouhadba a indiqué que suite à la catastrophe aérienne qui a touché l'aéronef affrété par la compagnie nationale Air Algérie, assurant le vol AH 5017 Ouagadougou-Alger, une cellule de crise a été aussitôt installée au niveau de l'aéroport Houari-Boumediene, dans laquelle la DGSN est représentée. C'est à ce titre qu'une équipe de spécialistes de la police scientifique et technique de la Sûreté nationale s'est rendue le 25 juillet 2014 au Mali et au Burkina-Faso au sein d'une délégation nationale multisectorielle conduite par le ministre des Transports, en sa qualité de représentant de Son Excellence Monsieur le Président de la République et de président de la cellule de crise. Suite à l'action de nos hautes autorités dès l'annonce de la disparition de l'avion et de celles du ministre des Transports et l'ambassadeur d'Algérie à Bamako, cette équipe pluridisciplinaire composée de treize spécialistes (ADN, empreintes digitales et gestion de scène de grandes catastrophes) a pu être transportée à partir de la capitale malienne vers l'endroit du sinistre, pour se joindre aux experts espagnol et français. Dès son arrivée sur le site avec la délégation algérienne, il a été permis de constater - L'étendue de la catastrophe et l'ampleur des dommages. - Le degré de fragmentation des éléments de l'aéronef et leurs éparpillements renseignent sur l'ampleur et l'intensité du crash (appareil pulvérisé). - L'absence de corps entiers et la présence de fragments de corps sur les lieux. Face à cette situation, la contribution des spécialistes algériens au processus de gestion de cette catastrophe devait répondre conjointement avec les autres experts à une priorité de premier ordre : la priorité humanitaire qui vise à apporter le soutien et le soulagement des familles des victimes, lequel soutien et soulagement ne peuvent être possibles que par la gestion rapide du processus d'identification, notamment dans sa phase de terrain. Complètement intégrée au dispositif sur site, l'équipe de la DGSN a entamé ses activités selon un plan d'organisation de travail, fixé conjointement avec les équipes internationales présentes sur les lieux et ce, conformément aux normes et standards internationaux recommandés dans le processus d'identification des victimes de catastrophes «IVC», issus de plusieurs nationalités étrangères. Il est important de souligner dans ce contexte le caractère inhospitalier du site concerné situé dans une zone déshéritée, difficilement accessible, sablonneuse et avec beaucoup de broussaille. Cet environnement se caractérise également par une température élevée pouvant atteindre plus de 45°C et par des pluies orageuses. Il est évident que ces conditions, géographiques et climatiques, influent de manière notable et peuvent même rendre inexploitable les prélèvements destinés à l'identification des victimes. L'ensemble des équipes concernées par ce processus a, en raison de l'importance de la mission, été amené à vivre sur site durant toute la période nécessaire et de travailler sans désemparer à un rythme soutenu de plus de dix heures par jour dans les conditions sus-évoquées. L'expérience acquise dans l'identification des victimes de catastrophes majeures (naturelles, technologiques ou criminelles) a rendu significative la contribution algérienne qui a permis grandement de réduire la durée des opérations sur le terrain où, il est utile de le noter, les spécialistes algériens et étrangers ont fait preuve d'un fort esprit de coordination. Il convient aussi d'indiquer que les autorités maliennes ont affiché une disponibilité et une franche et précieuse collaboration. Des prélèvements ont pu être effectués sur site, d'autres ne peuvent être possibles que dans des centres d'expertises. Malheureusement, plusieurs fragments de corps et restes humains se sont avérés inexploitables. Sur un autre registre, les Bureaux centraux nationaux Interpol des pays concernés et notamment BCN - Interpol-Bamako/Mali et le BCN Interpol- Ouagadougou/Burkina Faso ont été tous mobilisés dans le cadre de la gestion de cette catastrophe. Le secrétariat général d'Interpol a pour sa part mis en place dès le 26 juillet 2014 une cellule de crise (IRT/Incidence Response Team) pour faciliter la coopération et l'échange d'informations relatives à ce sinistre entre les quinze pays concernés. Il est important de signaler, que la coopération internationale dans pareilles situations s'impose comme un impératif de gestion de situations de crise inhérentes aux catastrophes majeures à dimension internationale où les pays concernés sont appelés à agir dans un cadre coordonné, d'assistance technique mutuelle et de mobilisation des ressources, et ce, dans le respect des instruments internationaux en la matière, à l'exemple de la convention de Chicago, relative à l'Aviation civile internationale à laquelle l'Algérie a adhéré en mars 1964. Les considérations humanitaires doivent prévaloir dans de telles situations comme ce fut le cas dans des catastrophes aériennes enregistrées par le passé, où souvent les passagères victimes sont de diverses nationalités, ce qui, par voie de conséquence, implique une étroite coopération entre les Etats. L'identification des victimes est souvent un processus complexe nécessitant de longues périodes de travail sur le plan opérationnel technique et scientifique, et qui appelle la mobilisation de différents intervenants aux compétences diversifiées. Nous devons donc nous armer de patience et de sérénité dans cette épreuve de grande peine et que tous ensemble, veiller au respect de la dignité des victimes et de leurs familles envers lesquelles nous devons apporter compassion, solidarité et accompagnement dans leur douleur.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Moncef Rédha
Source : www.lnr-dz.com