La grève des greffiers a entamé, hier, son huitième jour, engendrant ainsi une paralysie totale de toutes les structures judiciaires, soit les tribunaux et cours. A Alger, un énième rassemblement des grévistes a été observé au niveau de la cour, alors qu'une prochaine démonstration de force est annoncée dans les prochains jours, au niveau du siège du département de la Justice. Les grévistes plus que jamais déterminés.
Abder Bettache - Alger (Le Soir) - L'attitude affichée par la tutelle à l'égard des protestataires, qu'on pas hésité à qualifier de «méprisante», n'a fait qu'accentuer leur colère et radicaliser «notre détermination à aller au bout de notre revendication». Les grévistes, déterminés plus que jamais, n'ont pas été par quatre chemins pour mettre en garde «ceux qui poussent au pourrissement». En d'autres termes, en cas de non-satisfaction des revendications, le syndicat des greffiers appellerait au durcissement du mouvement de protestation. Et c'est ce qui a été implicitement indiqué hier, lors du rassemblement qui s'est tenu au niveau de la cour d'Alger. En effet, au mutisme de la chancellerie les animateurs du mouvement de grève affiliés au Snapap préfèrent «la radicalisation à l'humiliation». A ce titre, il est important de rappeler que la grève de trois jours, observée les 10, 11 et 12 avril derniers, a été soutenue par une autre démonstration de force, celle d'une grève de cinq jours. Cette nouvelle montée au créneau des grévistes est perçue par les observateurs comme une véritable menace, à prendre «très au sérieux surtout qu'elle coïncide avec la préparation des législatives du 10 mai prochain». Pour sa part, la tutelle, à défaut de «l'ouverture d'un canal de dialogue» à même de désamorcer la situation, a opté, selon les grévistes, pour une stratégie de casse du mouvement de protestation. A ce titre, le ministère de tutelle a fait appel à des huissiers de justice, «chèrement payés» pour assurer le travail des greffiers. Une démarche qualifiée de «manœuvre» et dénoncée avec force par les grévistes, mais aussi par les avocats qui sont d'ailleurs solidaires avec les greffiers. En effet, les robes noires et en guise de soutien aux grévistes ont refusé de siéger dans des audiences où sont réquisitionnés les huissiers de justice. Cela étant, les fonctionnaires de la justice ont décidé, par ailleurs, de s'unir et de constituer un «front commun» pour faire face aux tentatives de la tutelle de «diviser les différents corps du secteur pour pouvoir les dompter». «C'est l'union qui a fait et qui fera notre force. Elle nous aidera à arracher nos revendications et à faire face aux pressions », soutient un membre du bureau du syndicat. «Nous demandons l'application des accords signés entre notre corporation et les responsables de notre tutelle», a ajouté une représentante du syndicat. Avant de s'interroger : «Je ne sais pas pourquoi notre administration refuse la concrétisation des revendications consacrées dans les deux PV, signés les 22 février 2011 et 7 avril 2012 '» Et de conclure : la grève a été observée au moins dans 25 wilayas avec un taux de suivi «important». Nous sommes représentatifs de notre corporation.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A B
Source : www.lesoirdalgerie.com