Eviter les mauvais constats
Le baril de pétrole continue de chu-ter entraînant dans son sillage la révision de projets même si, pour le moment, le gouvernement garde un mutisme sur les conséquences de la faillite de Lehman Brothers sur nos finances, et préfère laisser à Chakib Khelil le soin de ramer à contre-courant pour éloigner le spectre d’un repli des recettes financières qui pourrait avoir des effets catastrophiques sur le social, l’industrie, l’économie et notre quotidien d’une manière générale. Comment se fait-il qu’un baril à 19 dollars suffisait à équilibrer nos comptes, il y a une année, et que quelques mois, à peine, après avoir relevé ce seuil à 37 dollars, l’on en est à trembler si les prix repassent en dessus des 80 dollars? Par quel jeu sordide en est-on arrivé à revivre le spectre des années passées et à espérer une remontée des prix, pour éviter le recours aux emprunts étrangers? Seraient-ce ces perspectives peu réjouissantes, pour une fin de mandat qui devait l’être en apothéose -parce que consacrant la sortie définitive de l’Algérie de la quadrature du cercle- qui avaient poussé le président de la République à reconnaître que des erreurs ont été commises?
Des années durant, des communiqués triomphalistes nous informaient que le matelas des réserves s’était encore épaissi, ne parvenant qu’à produire un effet inverse à celui attendu; engendrant une génération de contestataires et façonnant une mentalité d’assistés et de frustrés qui réclament leur part du pétrole, ce qui a fortement dévalorisé le travail et l’effort. Une mentalité qui a pris des airs de droit face à la rapine et à la corruption qui a laminé tous ceux qui ont tenté d’y mettre fin. Quand l’argent public sert aux élus pour mener un train de vie indécent, aux responsables de se réserver les meilleurs parts du gâteau, et que les ministres -faute de rendre des comptes sur une mauvaise gestion et des erreurs avérées- jouent à saute-mouton sur les portefeuilles, histoire de ne pas changer une équipe qui gagne, les Algériens se posent de sérieuses questions. Le problème est que l’équipe ne gagne plus et que l’Algérie, qui vit à 99% de ses hydrocarbures, a importé pour 240 millions de diesel. Un gâchis qui entre en droite ligne avec cette mentalité d’assistés que nous reprochent nos gouvernants mais qui en sont empreints quand ils nous affirment qu’il serait plus rentable d’importer (du diesel) que d’en produire localement. A-t-on, réellement, calculé combien coûte la construction d’une raffinerie qui nous permettrait d’économiser un quart de milliard de dollars, de créer des emplois et de dégager des surplus qui nous permettront d’exporter pour plus d’un demi milliard de dollars? A-t-on songé combien nous reviendra ce diesel quand nous n’aurons plus de pétrole? A qui profite cette situation, sinon aux grandes compagnies qui nous refilent notre pétrole sous une autre forme, mais facturé plus cher?
Si des erreurs ont été commises, il faut les identifier, arrêter les frais, ne plus y revenir et sanctionner leurs auteurs. Telles sont les conditions de la Taouba qui restent les mêmes, qu’il s’agisse de religion, d’économie ou de politique. Se contenter de faire un constat, sans réagir, nous amènera fatalement à comprendre qu’on revient à la case départ.
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Miloud Horr
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com