Alger - Revue de Presse

H’lal alihoum, H’ram Alina



La Loi Les sénateurs planchent à leur tour sur un texte de loi concernant l’achèvement des constructions. Nul doute que la mouture subira les assauts des honorables membres du Conseil de la Nation pour en faire une loi qui volera au secours des services compétents chargés de veiller à son application. Les activités des promoteurs, les cahiers de charges, le respect de l’environnement, l’harmonie de l’urbanisme et la conformité des plans établis par les architectes passeront sous l’œil inquisiteur de la Chambre haute. Sur le terrain, propriétaires, bâtisseurs publics ou privés et organismes de contrôle ne seront pas animés par la même flamme pour faire de nos cités des villes comme celles qui nous font envie en Europe, puisque ce continent demeure notre premier client en matière de références.Ce ne sont pas les constructions en situation irrégulière qui font défaut. Il n’y a que «ça» en Algérie, à tel point que des quartiers entiers deviennent subitement invisibles quand le ciel devient nuageux tant la grisaille a envahi la périphérie et même le cœur de nos villes. Il n’y a pas de cité, d’avenue, de rue ou de ruelle qui n’ait pas son «gris» en cours de réalisation ou en voie d’achèvement, avec un pneu hissé au bout d’un mât pour crever le mauvais œil. Serait-ce pour cette raison que parmi toute l’armada des agents chargés de faire respecter la loi, il ne se trouve pas une paire de bons yeux capables d’en repérer un? Une multitude de lois ont été votées, et des batailles «rangées» ont opposé rédacteurs et parlementaires au sujet d’un petit rien qui prend subitement toute son importance quand on a un micro dans une main et un ministre en face. Le but n’est pas de descendre en flammes le gouvernement ou de tailler en pièces un projet; il ne s’agit pas non plus de faire dans un béniouiouisme patriotiquement correct mais de faire en sorte que la loi soit la loi et qu’elle puisse être appliquée dans toute sa rigueur par ceux chargés de subir les humeurs du contribuable; et que la loi est la loi, qu’elle est logique, juste et au-dessus de tous. La loi anti-monopole existe, des entreprises tant publiques que privées sont en situation de monopole sans que personne ne trouve à redire. Pire, ce seront ceux qui voudront dire quelque chose qui auront des problèmes. Il est interdit de fumer dans un espace public commun. Qu’un citoyen tente de faire valoir son bon droit, et malheur à lui s’il s’agit d’une femme. Les exemples sont légion, à commencer par cette loi contre le blanchiment d’argent qui interdit les transactions sans chèques. Un petit tour dans nos marchés prouvera à quel point il est peu fait cas de cette disposition réclamée à cor et à cri par tous les pays qui désirent s’installer chez nous. Malheur à celui qui, se référant à la loi, s’amusera à tirer son chéquier pour régler une facture ou faire un achat. Il a beaucoup été question de réforme du système bancaire. Ou la réforme tarde à venir ou nos gouvernants n’ont pas compris comment fonctionne la société, car c’est par rapport à elle qu’on légifère. C’est le même parallèle qu’il faudra faire avec les constructions. Quand il construit, l’Algérien démarre avec une plate-forme et espère finir au moment où ses enfants se marient. Il est vrai que les fluctuations des prix du ciment, du rond à béton, de la qualité des maçons, de la disponibilité de la petite main-d’œuvre sont autant de freins qui l’empêcheront d’être au rendez-vous des délais théoriques. L’AADL, avec l’appui du président de la République et les injonctions de Moussa, n’a pas encore démarré le programme 2002! En attendant on vote, ça servira bien un jour. Miloud Horr
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