La vérité toute nue
Maintenant que les masques sont tombés et que les dog-mes, en matière d’économie, se sont avérés des leurres pour maintenir sous tutelle les anciennes colonies -ou les pays en quête de développement- il est temps de remettre les choses à leur place. Tout comme les puissances militaires n’ont jamais été réellement intéressées par une paix qui régnerait sur la planète, sous peine de voir se désintégrer des complexes militaro-industriels qui brassent des milliards de dollars, les pays avancés ne désirent nullement que d’autres pays accèdent à un seuil de la technologie au risque d’être concurrencés. Le cas qui a opéré une remontée au classement des puissances économiques est révélateur de la mauvaise foi des membres du G8 qui ont pris fait et cause pour une sombre affaire de droit de l’Homme au Tibet et qui en ont fait une affaire planétaire alors qu’elle ne cache en réalité que des desseins politiques pour couler une croissance à deux chiffres. Une performance qui gêne terriblement, en ces temps de doutes, sur les performances économiques de la majorité des pays occidentaux qui amorcent un déclin au profit de pays dits émergents. Créée de toutes pièces, l’OMC -qui a remplacé au pied levé le défunt GATT- est en train de connaître des retours de manivelle qui pénalisent durement ses architectes, au point où les experts prédisent la fin du cycle de Doha et le retour aux anciennes pratiques pour sauver ce qui reste à sauver face aux appétits voraces et impitoyables de l’Inde, la Chine, la Corée du Sud et le Brésil, pour ne citer que ces pays. Pour mieux asseoir une domination déjà assurée par une suprématie militaire, diplomatique et médiatique, l’Occident impose des règles de jeu qu’il est le premier à ne pas respecter quand il s’agit de ses intérêts. Protectionnisme, taxes, fermeture des marchés, lois contraignantes sont les obstacles mis en travers par le biais de négociations pour adhérer à des ensembles tels que l’UE ou l’OMC, comme c’est le cas de l’Algérie. L’Occident se garde de risquer pareilles ouvertures avec des géants de même calibre. Le cas de l’Allemagne et de la France qui auraient passé des accords pour ne pas se concurrencer mutuellement est un de ces aspects qui cachent une arnaque à l’échelle planétaire. Depuis quelque temps, on ne jure, en Algérie, que par l’investissement, à telle enseigne que les niveaux des IDE est devenu un indicateur vert de la bonne santé de l’économie nationale alors qu’il ne fait que l’affaiblir d’autant plus que l’investisseur vient jouer gagnant, assuré et rassuré sur tous les plans. La tragédie de la sécurité alimentaire devrait inciter les pouvoirs publics à encourager les entreprises nationales, petites, moyennes, grandes ou privées à investir dans l’agroalimentaire; non pas pour dégager des surplus que l’on destinera à l’exportation afin de pouvoir claironner que nous dépendons de moins en moins des hydrocarbures, mais pour assurer une autosuffisance. Le réaliser est déjà un pas pour nous libérer de cette dépendance qui fait que nous sommes suspendus à des spéculations externes pour nous nourrir, nous soigner, nous vêtir. Il ne s’agit pas de s’émerveiller devant l’épaisseur d’un matelas en devises, encore faut-il qu’il serve à quelque chose.
Miloud Horr
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com