Alger - Revue de Presse

H’lal alihoum, H’ram Alina



C’est le moment de montrer qu’on sait jouer à la belote Kouchner a fini par avouer. Le di-plomate français n’a pas signé d’aveux sous la torture, et aucune ONG ne pourra accuser l’Algérie d’avoir fait subir des atrocités à un civil, humaniste de surcroît. D’abord parce que le pays n’a plus rien à prouver ni à cacher, que Kouchner est un invité -même s’il a montré beaucoup d’hostilités à l’endroit de notre pays; ensuite parce que les champions des droits de l’Homme ne peuvent porter d’accusations alors que les caméras retransmettaient tous les faits et gestes du ministre. Ou du médecin sans frontières.Kouchner a confirmé ce qu’avait annoncé la rumeur. Que l’Egyptien Moubarak sera le président, version Afrique, de cette Union pour la Méditerranée. Kouchner n’en dira pas plus, même si par moment, jouant au fleuriste, il a cherché à rassurer en déclarant que «l’Algérie est un pays clé et les relations avec le Maghreb commencent par l’Algérie». En précisant que «l’organigramme n’est pas prêt» et «pour le reste rien n’a été arrêté», le diplomate jette le doute sur les intentions réelles de Sarkozy, le président version Europe de cette UPM. Car il est étrange qu’un projet qui avait été, probablement, préparé, pensé et ficelé bien avant que ne se dessine la victoire de mai 2007, soit dépourvu de structures organiques, synonymes de partage des rôles dans cet espace qui a été conçu dans un but précis. Les explications «floues» du Français sont claires et nettes et expliquent pourquoi Sarkozy tient tant à son projet. Ce ne seront ni les questions de décolonisation du Sahara occidental qui impliquent le Maroc, ni l’occupation israélienne des fermes de Chebaâ au Liban et du Golan syrien, ni le problème palestinien qui risque d’être à l’origine d’une troisième guerre qui débordera la simple frontière moyen-orientale qui préoccupent la France, mais la sécurité d’Israël. L’Etat hébreu a beau être soutenu par le gratin occidental, avoir des relations avec le plus «grand» pays du monde arabe, commercé avec les monarchies du Golfe, il n’appartient à aucun espace politique, social, économique régional. Il ne fait partie d’aucune organisation régionale asiatique, africaine ou européenne. Parce qu’entouré d’une meute de «loups» arabes que la seule présence «physique» géographique suffit à étouffer. Reste l’espace méditerranéen. Les pays européens ne posent pas problème. Idem pour la Turquie, et les Arabes de l’Est, du Centre et de l’Ouest, c’est-à-dire l’ensemble des nations qui bordent la Méditerranée. A l’exception de l’Algérie. C’est pourquoi autant de ministres de l’Hexagone se bousculent au portillon. Borloo précédera Fillon, ce qui prouve que la Présidence autant que la chefferie du gouvernement n’ont été convaincues. Ni par Alliot-Marie ni par Kouchner. Si les Palestiniens, principaux acteurs du plus vieux conflit du monde, ont fait la paix avec les Juifs, qu’est-ce qui -objectivement- empêcherait l’Algérie d’adhérer à une union dont Israël serait membre? Rien, sinon le principe. Israël siège à l’ONU, l’Algérie ne s’en est pas retirée pour autant. Tant qu’à être «la clé» du problème, autant arracher le maximum pour compenser ce qui a été perdu durant toutes ces années où tout avait été décidé de l’extérieur pour nous éliminer. Et nous enfermer dans un conflit avec nous-mêmes. Dépassons la passion et regardons nos intérêts. A condition qu’ils servent l’Algérie, et l’Algérie d’abord. Une clé est facile à reproduire et une serrure à fabriquer. Miloud Horr
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)