Quel rôle pour l’Algérie?
Clayton Swisher, l’Américain spé-cialiste du Moyen-Orient, a dé-claré qu’»Israël ne sait pas où il va». Il a avoué que la haine du Juif n’est pas le seul fait des Arabes, mais celui de l’Europe chrétienne. L’Américain évoque «l’irrationalité de la politique américaine» et le chaos qui s’en suivra quand Bush quittera la Maison-Blanche, le 17 janvier 2009. Soit! Le problème est que l’administration américaine a toujours été constante dans cette «irrationalité». Et aucun président américain n’a pu effectuer de demi-tour pour corriger les «dérives» du prédécesseur. Choix stratégique de domination, l’Amérique a toujours créé un danger pour pouvoir jouer au pompier. Au Vietnam, au Chili, à Panama, en Afghanistan, et partout où l’armada US peut se déployer pour quadriller le monde. Bush en a peut-être trop fait en ouvrant plusieurs fronts à la fois, ce qui est une erreur fatale.Aucune armée au monde ne peut soutenir des actions militaires sur deux théâtres d’opérations et sur un long terme. Depuis 2001, le potentiel militaire US s’use et les chefs se consomment au rythme des défaites. Ce qui semble être le cas en Irak et en Afghanistan. C’est le piège des guerres contemporaines où le rapport de forces sur papier ne se vérifie pas sur le terrain. Si Bush avait «su» que la guerre allait durer aussi longtemps, il ne se serait concentré que sur la priorité absolue: casser l’Irak afin de pouvoir remodeler le Moyen-Orient et en faire un patchwork de territoires sur lequel Israël régnerait en maître sans avoir à subir la pression de l’Iran, de la Syrie et du Hezbollah qui a lézardé la grandeur de Tsahal. Israël ne pourra jamais survivre s’il ne savait pas parfaitement où il va: continuer à rogner sur ce qui reste de la Palestine, garder les territoires conquis en 67, continuer à construire des colonies et réécrire des feuilles de route à chaque situation nouvelle, rôle dévolu à la «communauté internationale» qui a intérêt à soutenir Israël pour contenir la poussée démographique et détourner le contenu des coffres-forts des Arabes, qui risquent -économie oblige- de favoriser des alliances aussi inattendues que contre-nature. Israël ne réfléchit pas, c’est la communauté qui le fait à sa place. C’est probablement dans ce cadre qu’est en train de se concevoir l’Union pour la Méditerranée: pour changer le décor et permettre à d’autres acteurs de prendre la relève de Bush, de Camp David et d’Oslo. Le Golan ne sera jamais restitué par la diplomatie et les propositions de paix arabes ne sont que les paroles d’une partition jouée sans eux.
La question est de savoir qu’est-ce qui pousse les «grands» à vouloir continuellement redessiner la carte du monde. Le milieu naturel de la France, mère biologique de l’UPM, est l’UE qui est celui des autres candidats du Nord. Plus au Sud, la Ligue arabe et l’UMA sont les cadres «parfaits». Le fait est que la Ligue a été inspirée par la Grande-Bretagne, et est frappée de paralysie tandis que l’UMA n’a jamais dépassé le stade des vœux. Le dénominateur est qu’Israël a pied, par effraction, dans l’un et l’autre. Il lui faudrait un ticket pour entrer par la grande porte. C’est probablement pourquoi Kouchner a enfin pu trouver une fenêtre dans son emploi du temps, surchargé pourtant. Pourvu qu’on ne laisse pas la porte de service aux Arabes. Et à l’Algérie particulièrement.
Miloud Horr
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com