Alger - Revue de Presse

H’lal alihoum, H’ram Alina



Après Baqarat el haloub, la poule aux œufs d’or? Le moins que l’on puisse dire, de ce ballet diplomatique fré-nétique entre Alger et Paris, est qu’il ne concerne pas une quelconque repentance de la France en ce mois de mai qui a vu une nation pleurer de joie au moment où une autre pleurait ses morts. Bernard Kouchner, le Monsieur muscle qui préfère les vertus de la force là où il faut user de diplomatie, vient en médecin. Il accourt au chevet d’un projet qui risque une fatale étape de gestation: la fausse couche. Les observateurs scruteront l’horizon afin de déceler si l’ex-patron de Médecins sans frontières vient avec des instruments de médecin afin de placer des cerclages pour éviter que le fœtus méditerranéen ne glisse dans ce tumultueux utérus qui a vu bien des navires couler. Ou en ministre des AE. Sarkozy avait réservé la primeur de son projet à son nouvel ami Bouteflika, l’homme qui combattait la France au moment où Nicolas allait à la maternelle. Un lien de père-fils venait de naître. Sauf que le fils dépassait en puissance ce père chez qui il venait prendre une bénédiction pour éviter de fâcher la grincheuse frangine allemande. Paris a besoin du soutien de l’Algérie, c’est ce qui avait été dit en tout cas. Probablement parce qu’Alger a les capacités de jouer au trésorier, provisoirement ou tant que le pétrole a battu le record de Bubka. Le problème est que l’Union pour la Méditerranée est forcée d’intégrer des pays arabes, et européens, qui se partagent ce patrimoine de la nature ainsi qu’... Israël. Si s’asseoir autour d’une même table ne posera pas problème au Maroc, à la Tunisie, à la Libye qui a appris à mettre une sourdine à ses envolées, à l’Egypte, à la Jordanie, à la Palestine et au Liban, la chaise Algérie n’est pas taillée dans le même bois. Même la Syrie, qui veut récupérer son Golan, est consentante. Ce sera même une monnaie d’échange. Parce que le but avoué de ce projet «grandiose» ne visera qu’à intégrer Israël à la communauté méditerranéenne arabe et faire en sorte que les voix qui se sont élevées contre la venue de Macias ne feront pas trop de chahut. Et applaudiront cette UPM censée réaliser une paix que ni les guerres ni l’Onu ni les Américains n’ont pu concrétiser. La seule fausse note est qu’Alger n’entretient pas de relations avec l’Etat hébreu, ce qui n’est le cas ni des Marocains, des Jordaniens, des Palestiniens et des Tunisiens. Ce sera donc une Union amputée de son principal membre du sud qui est en jeu. Car s’agissant des pays européens, l’espace UE leur suffit largement, et est certainement plus rentable sur tous les plans. Qu’aura à gagner Alger de ce beau projet si elle ne prend ni la co-présidence ni le secrétariat ni le siège ni... rien du tout? Ses dollars pour payer les institutions qui n’ont pas réussi à mettre debout un cadre plus petit, pensé entre Arabes, musulmans et frères de sang, l’Union du Maghreb Arabe? Tant qu’à négocier et faire des forcings, commençons par faire table rase de notre passé ténébreux. L’UPM devrait commencer par des négociations bilatérales. Un peu comme cet OMC où nous sommes en train de laisser des plumes sans être sûrs de ramasser quelques œufs. Miloud Horr
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