Alger - Revue de Presse

H’lal alihoum, H’ram Alina



Copier ne suffit pas Un ministre de la République vient, une nouvelle fois, de se référer à ce qui se fait à l’étranger pour standardiser un des secteurs d’activité du pays. Une fois n’est pas coutume, copier ce qui se fait ailleurs n’est pas une mauvaise chose. Les Algériens se sont même posé la question de savoir pourquoi Tou, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a tardé à plagier les élèves de la classe voisine. Probablement, parce que les bonnes résolutions, tout comme les bonnes décisions, mettent plus de temps à venir. Pour mûrir, certes, mais et surtout parce que l’évidence ne saute aux yeux que lorsque le voisin d’à côté en a parlé. C’est regrettable, mais évoquer l’étranger en suivant les bons exemples est certainement mieux que se comparer à l’Italie et à l’Amérique pour justifier une abstention inquiétante qui n’est pas dictée par les mêmes motivations des électeurs algériens et italiens. Tant mieux si le ministre de la Santé envisage de faire comme les Français ou les Américains, c’est même une excellente chose. Pour les non fumeurs évidemment et pour la Santé publique. Le problème ne se pose, cependant, pas en ces termes, car il y a beaucoup de choses que les Algériens voudraient faire «comme les autres», sans malheureusement y parvenir. La question serait, plutôt, de savoir comment va s’y prendre Tou pour mettre en application son «s’il faut suivre ce qui se fait ailleurs, il faut le faire». Parce qu’il ne suffit pas de le dire pour que cela soit fait, car beaucoup de choses ont été dites, écrites et ordonnées, sans qu’elles soient suivies d’effet sur le terrain. Pour interdire aux fumeurs d’en «griller une» en public, il faudra mobiliser beaucoup de monde: un conseil des ministres, rédiger un projet de loi, solliciter les députés, voter en coulisses et en surface et mener une campagne d’information performante. Ce n’est pas fini, car il faudra assigner de nouvelles missions aux policiers (qui sont déjà submergés), les obliger à dénicher les contrevenants, rédiger les plaintes et établir les PV. Quand tout cela sera fait, ils devront présenter les auteurs d’infractions devant les juges, et c’est là que tout risque de coincer. Car, au vu des dossiers qui s’empilent par centaines dans les tribunaux, des détentions préventives qui surpeuplent les prisons et le nombre incalculable d’amendes non payées, le criminel qui a fumé est assuré de s’en sortir sans avocat et sans amende. Il y a tant de choses qui sont interdites mais que l’on permet, que personne ne «remarquera» ce fumeur allumer sa cigarette et siroter un café. Interdire de fumer repose d’abord et avant tout sur le civisme du fumeur qui écrasera sa cigarette en entendant toussoter son collègue de travail. Un geste de correction qui a disparu depuis longtemps, tout comme demander à son vis-à-vis si fumer l’indispose. Et quand bien même, et dans l’intérêt général, le fumeur sera réellement traqué, qui l’empêchera de fumer à la maison et d’exposer épouse et enfants aux risques du tabagisme? La loi ne résout pas Tou, car ailleurs, on ne joue pas avec la loi. Miloud Horr
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