Le pire est à craindre
Alors que l’emploi constitue le problème numéro un des pays avancés et que des statistiques pointues sont élaborées par des instituts spécialisés, ce qui contraint les gouvernements à introduire en permanence des correctifs pour identifier les secteurs prometteurs et promouvoir les mesures d’accompagnement qui s’imposent, nos responsables continuent de nous débiter des formules stéréotypées qui sont en porte à faux avec la réalité. Près de quatre années après la réélection du président de la République, et alors que les jeunes s’attendaient, enfin, à un boom avec le démarrage de tous ces chantiers dont on se complaît à dire qu’ils généreront des postes -directs ou indirects- par dizaines de milliers, le ministre du Travail vient de déclarer qu’un projet de stratégie globale de promotion de l’emploi est en cours d’élaboration! Ce qui signifie, que les jeunes attendront longtemps encore avant de pouvoir décrocher un job. Une déclaration qui contredit, pour le moins, les déclarations officielles qui supposaient que cette stratégie était prête au moment où le président, alors candidat, promettait aux jeunes la création de deux millions d’emplois lors de sa seconde mandature.
Le propos n’est pas de faire un mauvais procès au ministre qui répondait à une question au Sénat, mais de se demander où Louh ira chercher ces centaines de milliers d’emplois au moment où le secteur économique sur lequel il compte est en pleine déconfiture. Louh n’étayera pas ses arguments par des études locales qui traiteraient de la peu reluisante réalité nationale, mais arguera que «toutes les études et analyses réalisées à travers le monde affirment que l’approche économique est la plus indiquée en matière de lutte contre le chômage». Une Lapalissade que tente vainement de démontrer Louisa Hanoune au moment où certains font un forcing pour vendre ce qui peut l’être dans le cadre d’une privatisation qui détruira toute source de vie, au sens propre comme au figuré. Près de trois années après sa mise en œuvre, le ministre des Affaires étrangères a lui-même reconnu que le partenariat entre l’Algérie et l’Union européenne, est «encore dans la phase de construction», alors qu’il était censé nous aider à bâtir une économie forte et capable de s’imposer sur les places internationales. Au jour d’aujourd’hui, l’Algérie n’a rien enregistré de positif en contrepartie des concessions faites au profit de l’Europe qui nous promet le meilleur des avenirs alors que le pire est à craindre. De quelles richesses nouvelles peut se targuer l’Algérie pour prétendre que notre économie créera des richesses et éradiquera le chômage? Des usines implantées au Maroc ou en Tunisie alors que l’Algérie était toute indiquée? Des éternels projets pour promouvoir le tourisme ou ceux relatifs à la relance de l’agriculture qui n’arrive même pas à satisfaire les besoins les plus élémentaires de la population, comme le lait ou la pomme de terre?
Créer des richesses, redynamiser l’économie et trouver du travail ne sont pas chose aisée, certes. Mais ce ne sera, certainement, pas l’Europe qui a intérêt à nous maintenir la tête sous l’eau et qui pille notre matière grise, qui nous aidera car il y va de sa survie, à long terme. Le reconnaître c’est déjà faire un pas en avant dans la rupture de ce contrat qui est en train d’imploser l’Algérie. Le retour de la violence, la fuite de notre jeunesse et cette OPA lancée sur notre souveraineté en sont de sérieux avertissements.
Miloud Horr
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com