El baraka fel Q’lil
C’est tantôt un responsable du gouvernement, tantôt un autre de l’UGTA, les deux acteurs de la Bipartite, qui vient rassurer les Algériens que les augmentations de janvier seront bel et bien appliquées, et qu’il n’y a aucun doute là-dessus. La dernière mise au point émane du patron de la Centrale, en personne. Sidi Saïd se place en garant des acquis des travailleurs et tient à mettre fin aux spéculations en évacuant toute remise en cause des accords arrachés de haute lutte. C’est net, il n’y aura donc pas de remise en cause. Seule ombre, pourquoi parler de spéculations? Le mot a tellement agrémenté les discours politiciens que les Algériens croient dur comme fer que spéculation et spéculateurs ne riment qu’avec pomme de terre. «Ceux qui disent le contraire brassent du vent», dira le syndicaliste en chef. Il est, sans doute, de bonne foi et a bien fait de préciser la chose, car quand l’annonce des augmentations avait été faite, quatre long mois nous séparaient de l’échéance. Une marge de manœuvre plus que confortable pour rédiger tous les statuts du monde. De toutes les façons, 2008 paraissait tellement loin et rentrée scolaire, Ramadhan, Aïd el-Fitr et Aïd el-Adha, étaient de gros cauchemars qui laissaient peu de temps aux rêves. Aujourd’hui, les choses sont plus claires: janvier c’est la semaine prochaine et les Algériens auront tout le loisir de vérifier, enfin, si leur gagne-pain est un simple artifice de «boulitik» ou si les responsables en font leur «choghl chaghel». Parce que pour le petit peuple, et les fonctionnaires en sont la principale composante, les réalités quotidiennes ne s’accommodent pas de reports. Peut-être est-ce pour cette raison que Sidi Saïd est en train de prendre les devants et tenter de préparer l’opinion, pour mieux faire passer la pilule. Janvier ou février, peut-être bien mars; quelle différence, puisque l’effet sera rétroactif. On peut même aller, dans ce cas, jusqu’à juin? Sauf que lorsque les rappels seront versés, ils serviront tout juste à payer les dettes contractées depuis l’été passé et l’annonce de la réussite de la Bipartite. Le fait est que les œufs, le lait, la semoule, la tomate, l’huile, le sucre et toutes ces choses que les Algériens mettent dans leurs marmites augmentent sans arrêt. A tel point que certains envisagent l’importation de belles poules européennes qui nous pondront autant d’œufs que nous ne pourrons jamais en consommer. Il paraît que le projet est bien avancé et que le seul problème est de savoir quel département ministériel pilotera l’opération: le Commerce ou l’Agriculture. Le ministère de la Solidarité se serait également impliqué dans l’opération, mais l’UE a mis son veto parce qu’elle craint que l’importation de poules cache en réalité une grosse affaire de mariage blanc. Depuis l’affaire de l’Arche de Zoé, ONG et OPG (Organisation Para-Gouvernementale) se retrouvent dans le même panier, ce qui complique la question des œufs. Un de nos gouvernants a dit que les Algériens devraient moins manger. Il a raison sauf que les Algériens mangeaient moins, bien avant cette déclaration. C’est la raison pour laquelle les marques de yaourts fleurissent insolemment alors que la poudre de lait fait défaut. A moins qu’il parlait de la corruption qui bloque tous les projets qui auraient pu permettre la production de lait, d’œufs et de poules. Les Algériens n’auraient, alors, pas besoin d’aller en chercher à la rame de l’autre côté de la misère.
Miloud Horr
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com