Alger - Revue de Presse

Commentaire



Combattre le terrorisme par la démocratie Démocratie et terrorisme peuvent-ils coexister? La question peut paraître déplacée car la nature de la réponse dépend de la distance qui nous sépare du pouvoir en terme d’intérêts et non de convictions. Il nous faudrait bien évidemment, au préalable, s’entendre sur le contenu des concepts que nous utilisons pour pouvoir au moins parler de la même chose, il s’agira sinon d’un dialogue de sourds. Comparons d’abord les pays à démocratie plus ou moins avancée car celle-ci reste toujours un projet inachevé avec les pays musulmans, dont principalement les pays arabes pour ce qui nous concerne. Généralement, la tendance dans ces deux parties du monde est à parler de terrorisme islamiste. Les pays musulmans ont mis du temps pour accoler ensemble ces deux concepts. L’Algérie avait osé les accoler officiellement quand le gouvernement avait décidé d’organiser une conférence-débat sur le terrorisme islamiste à laquelle avaient participé des officiers supérieurs des forces armées et de sécurité. On y avait mis en évidence la nécessité de le combattre et cela avait été compris pour ce qui concernait la lutte proprement dite par le biais des moyens militaires et en s’appuyant sur le renseignement et la collaboration des populations. Mais, comment faire face à l’islamisme? A ce niveau, c’était le brouillard. Les pays musulmans sont encore otages de l’environnement conceptuel. Un exemple : un chef de gouvernement dont on ne peut mettre en doute la volonté d’éradiquer le «terrorisme islamiste»Â faisait remarquer que «l’intégrisme est la matrice porteuse du terrorisme». Soit! Pourquoi a contrario ne pas aller plus loin pour soutenir que la laïcité est la matrice porteuse de la démocratie ou du moins juste pour en débattre comme piste de réflexion à emprunter? Serait-ce pour donner une certaine marge de manœuvre au pouvoir qui continuerait lui aussi à instrumentaliser la religion sans reconnaître que cela en est le cas? Il est en tout cas suggéré, parfois murmuré seulement, que la religion est comme un enjeu de pouvoir qui assure la proximité avec les populations. On dit que dans les démocraties occidentales, on parle également du terrorisme islamiste, c’est-à-dire qui provient des pays musulmans, ce qui lui donne un caractère transfrontalier mais dans un seul sens seulement. On oublie un peu trop souvent que des «terroristes islamistes» avaient bénéficié de la bienveillance ou du laxisme des gouvernants occidentaux sur le sol de ces derniers car ces gouvernants, d’une part, préféraient la politique des «deux fers au feu» comme attitude de prudence stratégique et, d’autre part, ils étaient convaincus qu’il s’agissait de conflits internes armés au sein des pays musulmans ou arabes plus particulièrement. Il est vrai qu’il faudrait ne pas oublier que les gouvernants arabes n’avaient pas réussi à faire adhérer les gouvernants occidentaux à leurs thèses de mouvements terroristes et démocraticides. Les pays occidentaux considèrent que plus la démocratie s’approfondit et moins le terrorisme se développe car, en démocratie, les citoyens peuvent revendiquer, «marcher», ils savent qu’ils finiront bien par être écoutés, car jamais une manifestation ne s’est déroulée sans que le pouvoir n’engage le dialogue, ou plutôt les négociations, avec les représentants des manifestants. Egalement, les conditions d’accès au pouvoir sont suffisamment connues pour le respect du choix exprimé réellement par les urnes. Que vient alors faire le terrorisme dans cette situation? C’est quoi alors le terrorisme et c’est quoi la démocratie? Bachir Medjahed
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