Alger - Revue de Presse

H’lal alihoum, H’ram Alina



L’exercice de la démocratie Rarement homme politique aura réussi à donner une image de lui aussi contrastée: rassurant et fébrile à la fois. Sourire en coin et courtoisie à fleur de lèvres, Ouyahia aura tenu tout son monde en haleine sans pour autant livrer une miette de sa pensée. Donnant parfois l’impression d’assumer -quand il fallait faire face aux mises en accusation, et effacer le cliché du «méchant» chef de gouvernement -ce qui est une qualité rare pour un présidentiable potentiel- Ouyahia a réussi à relooker son image tout en donnant de lui l’impression du responsable qui assume. La tactique est bonne et paye. Elle fait dans le politiquement correct et évite les mauvais arguments qui consistent à charger les autres en prétendant avoir été mal informé ou mal entouré.Ouyahia alterne victoires et échecs et fête la défaite exactement comme elle devrait l’être: la face hideuse de la victoire, et ce, au moment où d’autres se sentent mal assurés, en dépit d’un raz-de-marée. Condamnant Al-Jazeera, Ouyahia n’ira pas au fond des choses et évitera de dire que ce monstre des médias est une création occidentale conçue pour mieux faire passer les messages de CNN et de la BBC et rassurer les Arabes tout en leur faisant peur. Ce sera, cependant, sur le très glissant terrain de la révision de la Constitution que le patron du RND était attendu. «Je suis pour la révision à condition que le Président le demande, lui seul a le pouvoir de le faire», dira en substance Ouyahia qui tiendra à préciser que ce n’est pas aux partis de demander des changements et en arrêtant un smig des concessions et des articles à ne pas amender. «Même du temps du parti unique, c’est le président qui a changé la Constitution en 1989". Le message est clair et Belkhadem sait à quoi s’en tenir sur la question. «Au RND, nous sommes légalistes», dira celui qui a réussi la prodigieuse performance de diriger à deux reprises la Chefferie du gouvernement. La légalité, certes, mais Ouyahia tiendra à préciser que les instances dirigeantes du RND n’ont pas encore débattu de la question». Peur de se découvrir, de faire part d’une opposition ou d’un détachement calculé sur une question qui intéresse particulièrement un chef de parti? Ouyahia est partant pour une candidature, mais une overdose de prudence dans le paysage politique algérien n’est jamais de trop. Que peut espérer Si Ahmed après avoir été chef de cabinet et Premier ministre? Premier ministre, une troisième fois? De la politique-fiction que le meilleur des scénaristes aurait du mal à faire accepter aux studios hollywoodiens. Reste alors ou la présidence ou écouter El Anka pour calmer des nerfs que peu auraient soupçonnés à fleur de peau. Si Ouyahia a su tirer, des défaites qu’il a enregistrées, les enseignements qu’il fallait et réussi à transformer son éviction du Palais du Gouvernement en simple rotation de fauteuil, à défaut de l’alternance au pouvoir à la tête de la présidence, alternance qu’il pensait acquise en 2004, il a encore à gérer les rivalités qui minent l’Alliance présidentielle, préserver l’unité d’une formation politique en masquant ses ambitions personnelles et se convaincre que les traditions démocratiques ne sont pas tout à fait au point. Au Rassemblement démocratique c’est, normalement, chose compréhensible. Miloud Horr
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