Le consommateur n’y est pour rien
La plus haute hiérarchie de l’indus-trie du lait était, hier, en conclave à l’échelle nationale pour décider de l’avenir d’un aliment de base très important, et pour la chaîne alimentaire et pour l’économie. Tout a été fait pour parvenir à l’autosatisfaction, ou tout au moins à un seuil de dépendance acceptable. Sans gros résultats, cependant. La facture se monte à près d’un milliard de dollars chaque année avec option à la hausse du fait de la composante humaine nationale et des changements survenus dans les habitudes de consommation des Algériens. Les chiffres plaident, certes, pour une amélioration de la production, mais ce ne sera, malheureusement, pas la courbe ascendante qui traduit les progrès enregistrés de la production globale qui importera, mais plutôt celle qui a trait à la consommation par habitant et par an. Le lait n’est pas le seul casse-tête de l’économie algérienne. Le médicament fait beaucoup parler de lui, ces derniers temps. Le propos ne concerne pas les produits contrefaits qui posent déjà de gros problèmes et à la santé du citoyen et aux professionnels du secteur; il s’agit de la concurrence déloyale faite à la production nationale et aux unités qui font la fierté de l’industrie pharmaceutique. Le responsable de l’Ordre des pharmaciens a, d’ailleurs, donné hier une conférence dans laquelle il incriminait l’accord d’association avec l’Union européenne, responsable selon lui de cette situation. Pour tragique qu’elle soit, la situation n’en est pas moins paradoxale. A un secteur qui tend à approvisionner le marché en produits locaux et qui parvient même à dégager des surplus destinés à l’exportation, il est opposé une situation commerciale qui met en porte-à-faux les efforts consentis et ouvre la voie à des dépenses indues qui viendront grever lourdement la balance des paiements que l’on se complait à évoquer comme étant à notre avantage, omettant de préciser que cet excédent commercial est conjoncturel. Une situation qui tranche avec le problème du lait dont l’importation est justifiée, certes, mais qui n’est pas profitable au consommateur. Les investisseurs français, qui avaient fait le voyage avec Sarkozy en début du mois, ont soigneusement évité de mettre de l’argent dans ces deux secteurs, parce qu’ils savent que ce sera inévitablement le client qui viendra à eux. La curiosité, cependant, réside dans le fait que le programme de mise à niveau des PME-PMI n’a ciblé que des entreprises qui opèrent dans des secteurs différents. Si l’action du MEDEF a porté sur le gros bisness -nucléaire civil, hydrocarbures, finances et transport-, quelles sont les solutions qu’apporteront les pouvoirs publics aux problèmes particuliers du lait et du médicament? La stratégie industrielle approuvée a-t-elle pris en charge ce volet sensible? Dans un cas comme dans l’autre, ce sera les consommateurs qui paieront la facture, car lait et médicament sont deux produits stratégiques dont le nourrisson, l’enfant, le citoyen et le malade ne peuvent se passer. Les menaces de la filière ‘lait’ ne sont qu’agitation et la concurrence déloyale du médicament n’est que la conséquence d’un accord passé avec l’UE qu’il fallait clarifier avant. L’approche de janvier, qui verra les salaires des fonctionnaires augmenter, est-elle pour quelque chose
Miloud Horr
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com