La présidentielle a débuté
Ce ne sont plus des organisations satellites, uniquement, qui exi-gent un nouveau mandat pour Bouteflika depuis que samedi passé, au Forum de l’ENTV, Belkhadem s’est mis également de la partie. A ce stade, les Algériens ne savent plus s’il s’agit d’un autre mandat ou d’un troisième. La différence est de taille, car par troisième on peut sous-entendre un petit changement du nombre -trois au lieu de deux actuellement- alors qu’un nouveau mandat peut ouvrir la voie à d’autres, sans limitation.Asseyant une quasi-domination de la scène politique nationale, créant de facto une situation de parti unique auquel il ne manque que le fameux quart pour être en situation de monopole absolu dans toutes les institutions, et tout auréolé de sa récente victoire, le chef du parti FLN a expliqué aux Algériens que priver le Président de la possibilité de se représenter une troisième fois, comme le stipule la Constitution, est antidémocratique. Ce qui revient à dire que l’Algérie a vécu depuis la promulgation de la loi fondamentale de 1996 sans démocratie, et ce, à la barbe de la communauté internationale qui a cautionné toutes les interventions musclées à travers la planète pour, justement, semer cette bonne graine indispensable à la bonne gouvernance! Belkhadem expliquait que ce n’était pas tant le nombre de mandats qui est important, mais le vote du peuple qui aura, en dernier ressort, le dernier mot, lui qui a été toujours le dernier à donner son avis sur les questions qui l’intéressaient en premier. Les arguments de Belkhadem ont fait douter les Algériens, les incitant à comprendre que leurs choix ne comptaient pas, eux qui croyaient sérieusement que c’était leur «oui» à 85,81% qui ont permis à Zeroual de faire passer, en ce 28 novembre où le terrorisme faisait rage, la Constitution qui est en vigueur, et qui régit toujours ce qui est conforme ou non à la légalité en Algérie. «Très peu de pays ont respecté cette limitation», dira Belkhadem pour justifier son combat pour un amendement de la Constitution. «Helmut Kohl et Tony Blair sont restés plus de deux mandats», ajoutera-t-il. Il ne citera, cependant, pas Thatcher qui est restée plus longtemps, l’on ne saura pas pourquoi. Le problème est que ni la Constitution de l’Allemagne, ni celle du Royaume-Uni n’interdit à un chancelier ou à un Premier ministre de postuler autant de fois que leurs partis remportent des Législatives. Bouteflika est président de la République, la différence est, encore une fois, de taille. Belkhadem aurait pu citer le cas, exceptionnel, de F.D. Roosevelt qui obtint un troisième mandat sans que la Constitution des Etats-Unis d’Amérique soit changée. Parce que le pays était en guerre contre deux pays qui risquaient d’asservir le monde. Question de vie ou de mort qui justifiait une petite exception pour un homme exceptionnel, même s’il était infirme et ne se mouvait qu’en fauteuil roulant.
Bouteflika est certainement un homme exceptionnel et l’a prouvé à maintes occasions. La paix, la stabilité, l’aisance, l’union sacrée et l’Algérie avant tout. Et même s’il a raté quelque chose, il mérite une dérogation que comprendront tout à fait les Algériens. Pas une révision dont pourraient bénéficier des présidents sans envergure, une fois les mandats illimités votés, ce qui pourrait nous valoir le risque de vivre non pas une situation antidémocratique passagère, mais dans une dictature durable.
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Miloud Horr
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com