Arabe et nucléaire sont incompatibles
Les présidents algériens et français ne se sont pas trop attardés sur ces retrouvailles bizarres qui ont propulsé sous les feux de la rampe, le temps d’une visite d’Etat, deux hommes aux profils diamétralement opposés et qui désirent, tous deux, sceller une amitié que l’on s’empressera de remettre en cause au premier sifflement des marionnettistes; développer un pays qui a tous les atouts pour réussir mais que personne n’a intérêt à voir émerger, et bâtir une nouvelle union au détriment d’autres -l’UMA et l’UE- parce que celles auxquelles ils émargent battent de l’aile pour cause de querelles de clocher. Un peu comme cette 2ème rencontre Europe-Afrique qui se poursuit à Lisbonne, alors que les recommandations de la première qui a eu lieu au Caire, il y a sept ans, n’ont toujours pas été suivies d’effets. Merkel a, d’ailleurs, annoncé son opposition à ce projet et est décidée à faire prendre à son compagnon des contraceptifs pour l’empêcher d’en concevoir d’autres.Sarkozy est venu pour prendre des contrats, comme il l’a fait en Chine. Sauf que les Chinois reprendront de la main gauche ce qu’ils ont donné de la main droite, à l’inverse des Algériens qui continueront à donner des deux mains ce qu’ils ont amassé au détriment des victimes d’El-Hamri, et qui n’ont vraiment pas de quoi être fiers parce qu’ils se sont vu préférer des harkis -les excuses et les réparations en prime- le soir même où Saint Nicolas a été reçu comme un roi biblique. Que Sarkozy rencontre ce que les Français eux-mêmes considèrent comme des traîtres est son droit. Il n’aura fait que concrétiser une promesse électorale, celle de reconnaître les mérites de ces «soldats qui ont combattu la rébellion et que la France a abandonnés». «Si je suis élu président de la République, je veux rendre hommage aux soldats (...) qui ont combattu dans l’armée française contre la rébellion indépendantiste de 1954 à 1962", avait-il déclaré, méprisant à l’endroit de l’Algérie, et fustigeait toute notion de «repentance systématique» qui «nourrit la honte d’être français». S’adresser à des bourreaux tout juste après avoir refusé à leurs victimes les mêmes réparations est contre-nature et donne le ton de ce que veut faire le président français de notre indépendance.
Et si Sarkozy a tenu à s’exprimer à Constantine, les Algériens ont le droit de refuser Macias. Celui-ci n’est pas persona non grata parce qu’il est Juif; d’autres parmi ses coreligionnaires nés en Algérie ont été bien accueillis et sont les bienvenus. Que personne ne donne aux Algériens des leçons sur ce registre. Libre à Sarkozy de choisir, et pour les raisons qui lui conviennent, son immigration et libre à l’Algérie de choisir ses visiteurs. Les Colombiens ont été plus perspicaces en claquant la porte à ce «cow-boy», ce qui a fait dire au défenseur sélectif de la liberté d’expression, le sarcastique Patrice Val de «L’Hebdo libéré», que la France aurait bien vendu du nucléaire civil pour libérer Ingrid Bétancourt si les FARC avaient où l’installer.
Dans le cas de l’Algérie, qui faut-il libérer et à quoi répond la vente du nucléaire civil? La garantie de ne pas être soupçonné de préparer une bombe atomique, comme l’Iran, ou à mettre sur la tête de Bouteflika une épée de Damoclès en l’accusant, le moment venu, de chercher à en fabriquer une, comme ce fut le cas de l’Irak. Car ce sont bien les Français qui ont construit Osirak, le réacteur que les Israéliens ont détruit le 7 juin 1979 quand la France a fourni à Baghdad 14 kg d’uranium 235.
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Miloud Horr
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com