Un mandat, un!
Bouteflika n’avait pas encore été réélu, que des citoyens exigeaient une 3ème ‘ouhda’. Il ne s’agissait, certes, que l’expression de solidarité et une marque d’estime de la part d’Algériens à l’endroit d’un candidat victime d’une campagne virulente orchestrée par d’autres prétendants, ce qui leur a valu, d’ailleurs, un cinglant désaveu. A quelques mois d’une fin de mandat marquée par un regain de violences et un échec dans la concrétisation des principales promesses électorales, en dépit de performances inespérées d’incontestables acquis, certaines voix s’élèvent, de nouveau, en faveur d’un troisième mandat, et donc d’une révision de la Constitution. Ainsi, au moment où le FLN rénové, talonné par un RND qui ne désire pas se faire distancer sur un terrain aussi miné probablement pour éviter une rénovation, s’agite par organisations satellites, le FNA -qui vient de détrôner le HMS du podium- fait entendre une voix discordante. Tant mieux pour la démocratie, si la démocratie consiste uniquement à dire non. Le Liban, qui n’arrive toujours pas à élire un président malgré un septième report, envisage d’amender sa Constitution pour débloquer la situation et parachever son édifice institutionnel, tout comme l’avait fait l’Algérie après le «vide» constaté au lendemain de la démission de Chadli et l’élection de Zeroual. La démarche libanaise a été rendue impérative par l’incompatibilité des dispositions de sa loi fondamentale avec le profil du candidat sur lequel un consensus s’est, enfin, dégagé. Vue sous cet angle et considérant, objectivement, que le pays ne peut rester indéfiniment sans président, la révision -l’amendement ou tout autre vocable légitimant l’opération- devient nécessaire, sans préjuger du fait que l’actuelle Constitution a été le cadeau empoisonné de la France, puissance occupante, à un pays qui accédait à l’indépendance pour le laisser sous dépendance. Le Venezuela vient de refuser à Hugo Chavez un blanc seing pour lui éviter de mourir de vieillesse dans le confortable fauteuil présidentiel et Poutine a choisi de continuer un redressement qui donne des cauchemars à l’Occident en optant pour une autre méthode de gouvernance, la prédominance du Parlement dont il sera le président. Là s’arrête le parallèle entre ces pays qui ont en commun une Constitution gênante et qui se retrouvent, subitement et pour des raisons spécifiques, au centre des préoccupations de la Communauté internationale. Au Liban, la présidence est la clé qui permet à la France de pénétrer sans effraction au Moyen-Orient afin de contrer l’influence syro-iranienne pour le bien d’Israël; à la Russie de s’affirmer comme le contrepoids vital au fonctionnement de la planète et à l’hégémonie destructrice de l’impérialisme et à Chavez d’échapper à un tribunal spécial, comme Saddam, pour avoir fait perdre à l’Amérique la moitié du continent, et à Bush sa majorité. Et l’Algérie? Rien. Ce seront, au contraire, les rois voisins et les présidents à vie qui seront les premiers à bénir une révision qui fera de Bouteflika un roi, taisant enfin cette fausse note qui faisait du seul pays arabe qui acceptait que l’alternance au pouvoir soit une réalité et non un délit qui conduit en prison celui qui la revendique.
Le propos n’est pas de s’opposer à une révision, ou de l’applaudir. Encore faut-il, pour cela, que le président l’annonce. Et écouter les raisons qui le poussent à vouloir rester en place ou changer ce qu’il y a à changer. Et décider de la manière de le faire.
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Miloud Horr
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com