Le vin est tiré, il faut le boire!
Chaque campagne électorale charrie sa période de délires et de promesses démesurées et la dernière n’a pas failli à la règle. Les Algériens ont encore en mémoire les envolées des présidents des partis et des candidats pour expliquer aux électeurs ce qui va changer, non pas dans leurs communes mais dans le pays alors que les députés qui ont le devoir -et le pouvoir- de changer les choses semblent frappés d’amnésie. La femme, le travail, le logement et d’autres choses de la vie ont été au centre des débats. Tous les états-majors politiques, sans exception, ont promis de transformer l’Algérie en paradis. Au point où les électeurs ont craint que le phénomène des harraga allait s’inverser et que des milliers de Français, d’Espagnols et d’Italiens viendraient les concurrencer et leur ôter ce bout de croûte appétissant qui semble si merveilleusement dorer dans ces fours flamboyants après des années de disette. L’éventualité a sérieusement inquiété les Algériens d’autant plus que les Européens qui se lanceraient dans l’aventure viendront sans risques, car traversant à bord d’embarcations modernes qui ne sauraient laisser une partie de leurs cargaisons humaines mourir noyée, de faim ou de froid dans ce lac de paix et de fraternité qui a vu bien des frégates se lancer, jadis, à l’abordage de nos côtes. Certains partis, habitués aux courses et aux paris clandestins ont tiré le gros lot. D’autres, rébarbatifs et antipathiques, ont fini par ennuyer. D’autres, encore, découvrant tout juste les plaisirs des jeux de hasard, ont crié plus haut que les autres. Si haut qu’ils ont été entendus et ont fini par monter sur le podium. Le problème est qu’ils viennent de se rendre compte que les APC manquent terriblement de moyens humains et matériels et qu’il leur sera très difficile d’honorer les engagements pris. L’APC n’est pas cette caverne qui, pensaient-ils, recèle des trésors non exploités par l’équipe qui vient de céder la place, mais une grotte sans issue de secours et sans commodités qu’on peut cependant sous-louer et se faire un peu d’argent pour les temps durs, car le vrai argent ira ailleurs. Des milliards, en dollars, que les Européens vont rafler. Comme la traversée par bateau est trop longue, ils ont pris l’avion. Pour faire vite et devancer les autres qui louchent vers cette belle brioche qui a fait tant saliver les Algériens et pour laquelle ils ont accepté de payer à 100 dinars une patate pourrie et qui ne sont toujours pas fixés sur le prix définitif du sachet de lait.
Sarkozy, qui a fait des promesses à ses électeurs pour devenir président, ne sait plus comment faire pour améliorer leur pouvoir d’achat. Se souvenant qu’au sud, un pays avait des milliards dont il ne savait que faire, il a inventé l’histoire du lobby juif et de Macias. Il a promis que l’affaire était close mais il prendra dans ses valises, en trois jours, 5 milliards de dollars. L’équivalent de plusieurs mois d’économie payés au prix de drames sociaux et de tragédies. Le FNA s’est classé 3ème, le FLN a gardé le maillot jaune talonné par l’éternel dauphin, le RND, mais les Algériens ne voient rien venir. Pas même janvier qui devait améliorer leurs fiches de paie. Le vin est pourtant tiré.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com