Alger

H’lal alihoum, H’ram Alina



L’historien et le cabotin L’Algérie a commémoré, hier, le double anniversaire du 20 août. Le 52ème concernant l’offensive de 1955 sur le Nord Constantinois, et le 51ème qui a structuré et hiérarchisé, en 1956, la Révolution et déterminé les centres de décision. Une commémoration qui continue, malheureusement, à mettre au premier plan à la télévision des individualités qui saisissent cette opportunité pour raconter des supposés exploits qui n’ont jamais été, ou rarement, publiés afin d’entretenir une mémoire collective qui a tendance à s’effacer avec le départ définitif de ceux qui ont vécu et fait l’Histoire.Que savent les Algériens, jeunes ou vieux, du 20 août, si ce n’est ce qu’ont rapporté des historiens étrangers qui déchiffrent des fragments reconstitués à partir d’archives conservées par le colonisateur? Ce sera un Benjamin Stora qui interviendra sur les ondes de la radio pour éclairer les auditeurs sur ce qui s’était passé un 20 août, et expliquer pourquoi Zighoud Youcef avait déclenché à midi une offensive pour desserrer l’étau sur les maquis des Aurès et pourquoi, précisément un 20 août et pas un jour plus tôt ou un jour plus tard. Le propos n’est pas de remettre en cause le témoignage d’un chercheur qui a eu le mérite de se pencher sur des événements qui interpellent nos compétences, et qui a écrit plusieurs ouvrages sur la guerre d’Algérie qui ont inspiré beaucoup de présumés acteurs, mais de s’interroger pourquoi, 52 années plus tard, personne (ou très peu) parmi les combattants, anonymes ou illustres, n’a immortalisé son combat pour constituer un fonds permettant à des chercheurs du cru de faire leur propre lecture du combat libérateur. Le fait est que la lutte pour l’indépendance nationale a toujours été ramenée à la seule période 54-62, occultant ce qui s’est passé depuis 1830, pour ne parler que de l’agression française. Des milliers d’Algériens détiennent des morceaux de ce combat qui libéra plusieurs pays et qui cassa le mythe de la France éternelle, mais ce seront des historiens français comme Jacques Simon, Benjamin Stora et Pierre Vidal-Naquet qui parleront de l’Etoile Nord-africaine, du MTLD, de Messali Hadj dont on interdira l’évocation, de l’histoire de la Révolution de Novembre et qui ont dénoncé la torture pratiquée par leurs officiers. Harbi excepté, quel chercheur algérien pourra-t-on opposer à ces géants, et dont les travaux serviront de référence pour les dirigeants algériens -passés, actuels ou futurs- pour faire aboutir les revendications légitimes du peuple algérien afin de forcer la France à reconnaître sa responsabilité dans des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité? Se référer à l’histoire d’autres peuples, les Juifs puisque c’est d’eux qu’il s’agit, pour faire «jurisprudence» et espérer une repentance qui conditionnera la signature d’un Traité d’amitié qui ne viendra jamais, est une chimère, car il s’agit, d’abord, d’écrire sa propre histoire et s’en convaincre, pour espérer convaincre les autres. Pour l’heure, ce seront d’autres qui continueront à parler scientifiquement pour nous, laissant à des cabotins le soin d’amuser la galerie. Mohamed Cherif Abbès n’avait-il pas reconnu, lui-même, qu’il y avait plus de 10.000 faux moudjahidin?
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