Alger - Revue de Presse

H’lal alihoum, H’ram Alina



Y a-t-il un pilote dans l’avion? La rentrée scolaire, qui marque la rentrée sociale, approche à grands pas. Certains ministères, à l’instar de celui de la Solidarité nationale, ont pris les devants, et d’autres semblent incapables de réagir face à une situation plus qu’inquiétante. Des consommateurs, ceux en tous cas qui ont encore les moyens de constituer des stocks, ont commencé à s’approvisionner en prévision d’un mois de Ramadhan particulièrement chaud, déséquilibrant la demande et aggravant les conditions de leurs compatriotes qui peinent, en temps normal, à faire de menus achats. Le dossier du lait, un produit particulièrement prisé en cette période, n’est pas près de connaître une issue heureuse et le feuilleton de la pomme de terre est en train de mettre à nu toute la stratégie des tenants d’une économie de marché, que l’on s’efforce à mettre en place alors que le pays ne dispose d’aucune protection capable de le mettre à l’abri des appétits de multinationales venues pour le «bouffer». La production industrielle reste largement dépendante des importations et donne, déjà, des signes d’affolement, car incapable de s’imposer sur un marché de plus en plus sauvage. Le trafic aux frontières, florissant, fragilise davantage les échanges commerciaux et livre des populations entières à une activité aux conséquences hasardeuses, et l’économie nationale est incapable de se libérer de la tutelle des hydrocarbures, en dépit du fait que le pays dispose de capacités avérées à même d’assurer des rentrées en devises largement supérieures aux niveaux actuels. Le plus inquiétant face à cette situation est la réaction des syndicalistes qui ne semblent pas en mesure de défendre le pouvoir d’achat des travailleurs, tout comme les partis politique -ceux qui se réclament de l’opposition- et qui réagissent au quart de tour pour dénoncer une fraude mais qui font preuve de cécité criminelle face à des choix économiques hasardeux et à de graves dérives, et le silence assourdissant des responsables ainsi que le manque d’imagination du gouvernement face au marasme actuel est de nature à alimenter les pires inquiétudes. Distribuer des trousseaux et 2.000 dinars à des nécessiteux et prévoir des couffins du Ramadhan constituent des mesures concrètes de solidarité mais qui ne restent, tout compte fait, que des actions ponctuelles qui non seulement ne régleront rien, mais renvoient de l’Algérie, riche et dépensière, une image déguenillée en contradiction avec ces ‘dignité et fierté’ que l’on avait promises aux Algériens. Qu’en est-il de cette abondance que devait assurer la privatisation des centaines d’entreprises mises en vente, mettant à la rue des centaines de milliers de travailleurs, en dépit des avertissements lancés? Y a-t-il des mécanismes pour rectifier des actions aux conséquences catastrophiques décidées par un cercle restreint, pour ne pas dire par une seule personne? Qui se soucie de réguler la distribution de la pomme de terre importée alors qu’elle risque de se vendre à 150 dinars le kilogramme durant le mois de Ramadhan? Une situation qui risque de contraindre les Algériens à faire des choix douloureux: observer le jeun ou ne plus envoyer leurs enfants à l’école. Un choix qui pourrait faire rire, mais qui aura des conséquences incalculables. Les responsables de cette situation explosive le savent. Peut-être, même, s’étonnent-ils que rien ne se soit produit?
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