L’arnaque se précise
Décryptant l’accord d’association avec l’UE, d’éminents économistes français avaient soutenu, à l’époque, que les arrangements entre l’Europe et les pays du sud de la Méditerranée étaient un marché de dupes, car ils vont accroître le déséquilibre dans les échanges commerciaux au profit exclusif des Européens. L’Algérie, partenaire important, apparaît, donc, comme la principale victime. Les contrats signés entre l’UE et les trois pays du Maghreb, vont dans le sens d’une évolution générale, certes, «néanmoins, il est important de rechercher la logique cachée de la signature de ces traités par ces pays car, à première vue, ces accords ne leur apportent rien», soulignent les économistes français.
Dans un document intitulé «5+5, l’ambition d’une association renforcée», J.M. Chevalier, P. Artus et C. de Boissieu, affirment que les pays du Maghreb pouvaient exporter vers l’UE, dès la fin des années 70, leurs produits manufacturés en quasi-franchise. Les accords bilatéraux n’apportent rien de plus sur ce point. Ils accordent, en revanche, à terme une exonération des droits à l’entrée pour les exportations en provenance de l’Union. «Il n’est pas difficile de deviner quelle sera la partie gagnante», concluent-ils. Un constat qui risque d’aggraver le déséquilibre existant, ce dont est consciente la Commission de Bruxelles puisqu’elle accepte de financer des programmes de mise à niveau des entreprises locales pour les aider à faire face à la concurrence de leurs puissants partenaires européens. «Comment comprendre, dès lors, que les gouvernements des pays du Maghreb aient accepté de signer des accords aussi inégaux?», s’interrogent-ils. L’entrée en force d’entreprises européennes en Algérie, même si la décision politique favorise leur implantation, affaiblit davantage leurs homologues locales dont les capacités ont été étouffées, dans certains cas, pour mieux les culpabiliser et montrer leur inadaptation aux exigences de la mondialisation. Ce qui a pour conséquence de les mettre en état d’infériorité et les éjecter de la concurrence, déloyale déjà. Les entreprises du secteur laitier sont un cas concret. Alors que l’association avec l’UE était censée leur apporter un plus, les Algériens vivent depuis bientôt deux années un drame social sans précédent. Une situation qui les étouffe et qui fait de près de la moitié des Algériens, des mendiants en puissance. Une réalité qui coïncide, curieusement, avec l’entrée en vigueur le 1er juillet 2005.
L’Algérie qui assurait 70% de ses besoins en lait risque d’être confrontée à une grave pénurie et les unités de production sont sous la menace d’une fermeture. Au même moment, des investisseurs étrangers viennent de bénéficier d’une zone de 10.000 hectares pour produire cet aliment de base. Quelle morale en retirer? Les entreprises algériennes, privatisables et à privatiser, étaient-elles déstructurées ou les avaient-on déstructurées en prévision d’une association et d’une adhésion à l’OMC qui ont toutes les chances d’enterrer les maigres acquis rescapés?
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com