Que peut attendre l’Iran de l’Algérie?
Il est tout à fait normal qu’un pays qui a des raisons de s’inquiéter en se sachant ciblé par les grandes puissances cherche un pays qui a l’écoute de ces grandes puissances pour en faire son avocat. L’Iran est ce pays menacé, et l’Algérie est ce pays sollicité qui fonde sa politique extérieure sur le rejet des ingérences extérieures dans les affaires intérieures des autres pays.
L’Iran sait que les grandes puissances sont en train de l’inscrire dans le processus de son isolement. Il a la terrible conviction que les armes «vendues» aux pays arabes du Golfe et à l’Egypte sont destinées à être retournées contre lui.
Les Américains agissent ainsi dans le cadre de l’initiative de défense coopérative censée fournir aux forces armées américaines l’opportunité de s’appuyer sur les forces armées des pays arabes du Golfe et de l’Egypte, avec l’intention de prolonger cet appui sur les forces armées des pays sahélo-sahariens. Le moment choisi intègre l’éventuel retrait des troupes américaines du territoire de l’Irak courant 2008. L’Iran ne vient pas en Algérie chercher un allié militaire contre les forces de l’OTAN mais un bon avocat et un partenaire dans le domaine qui lui a ramené bien des accusations et peut-être son isolement international. L’Algérie partage avec l’Iran la volonté de développer le nucléaire à usage civil, mais n’est pas intégrée dans le champ international des suspicions, s’étant engagée à mettre ses installations à la disposition des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) dirigée par Mohamed El-Baradeï.Par rapport à Israël, l’Algérie se distingue des positions iraniennes telles que celles qui ressortent des discours du président iranien. L’Algérie s’est exprimée sur les conditions que doit réunir Israël pour avoir toute sa place dans la région, à savoir évacuer totalement tous les territoires conquis depuis juin 1967 et accepter la construction de l’Etat palestinien avec Al-Qods comme capitale.
Cependant, il ne faut pas oublier qu’Israël, les Etats-Unis et l’Iran de la Révolution islamique avaient réussi à oublier leurs divergences quand il avait fallu coopérer pour envoyer des armes aux Contras du Nicaragua, preuve étant qu’ils pourront toujours trouver un terrain d’entente autour d’un compromis qui préserve leurs intérêts. Aussi bien les Américains que les Iraniens savent très bien qu’ils n’ont pas intérêt à devenir les uns pour les autres des ennemis éternels. Peut-être que l’Algérie sera cette passerelle qui leur permettra de se retrouver et de s’allier... Contre qui?
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com