Temmar a tout noté
Depuis quelque temps, la presse nationale se fait l’écho de critiques acerbes en direction de certains départements ministériels et, pourquoi pas, à l’endroit de l’action gouvernementale qui n’arrive pas à concrétiser l’ambitieux programme présidentiel. A la décharge des ministres, qui ont eu à cœur d’étaler des performances élogieuses, lors de leurs passages au Forum de l’ENTV et qui en ont profité pour soigner une image pas très nette auprès des citoyens, il faut reconnaître qu’il n’est objectivement pas facile de surmonter les immenses difficultés nées de l’après terrorisme, compliquées par le départ massif de milliers d’universitaires et de cadres de grande valeur.
Si ces critiques ont été parfois amplifiées, il reste que l’action gouvernementale a été marquée par une inertie perceptible, quand il ne s’agit pas d’une incapacité à maîtriser et corriger des dysfonctionnements et à dépasser des contradictions qui secouent certaines sphères du pouvoir. Les décisions prises en haut lieu n’ont pas toujours été suivies d’effet, ou ponctuellement seulement, ce qui a eu pour conséquence de nourrir un sentiment de déception et de frustration des citoyens qui ont l’impression d’être marginalisés, ce qui les pousse à ne plus croire en rien. C’est de cette frustration dont ont parlé des représentants du patronat espagnol qui assistaient à la rencontre d’affaires algéro–espagnole, tenue à l’occasion du séjour du couple royal espagnol, en Algérie. Si la visite du Roi Juan Carlos a de forts relents politiques, les investisseurs qui l’accompagnaient ont réagi en commerçants et ont fermement critiqué les rouages qui interviennent dans toute opération financière ou d’investissement. Les intervenants ont dénoncé le marché parallèle, la contrefaçon, les lourdeurs de l’administration, les dysfonctionnements du système bancaire et, bien que d’une manière plus subtile, la manière dont sont attribués les marchés. Temmar s’est défendu en affirmant que la contrefaçon est un fléau international. Une réalité qui tend à devenir universelle qui frappe de plein fouet ceux qui consentent des investissements lourds, y compris les opérateurs locaux, mais qui ne devrait pas être un argument officiel. Les accusations des patrons ibériques sont, certes, légitimes. Et il ne s’agit pas de faire la guerre à des citoyens qui ne cherchent qu’à survivre puisque leurs gouvernants ont été incapables de sauver de la faillite les entreprises qui auraient pu venir à bout de ces pratiques illégales et vitales pour des milliers de familles, mais d’assainir un circuit pour que les nationaux puissent jouer un rôle décisif et pallier les bouderies des étrangers qui ne sont attirés que par le risque zéro.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com