Tout a été (déjà) dit
Le Président n’a, finalement, pas parlé de la Réconcilia- tion nationale. Il ne s’agit pas d’un non-dit, contrairement à ce que pourraient avancer certains. Il ne s’agit pas, non plus, de «son» projet comme il a été dit ici et là. La Réconciliation est un sujet bien trop sérieux pour en laisser l’interprétation à d’autres. Le ministre de l’Intérieur, M. Zerhouni, a fait part de résultats, en demi-teinte. Ce qui devait être fait, a été fait. En Espagne, en Irak, en Afghanistan, et partout où le langage de la violence a prévalu sur celui de la raison, des sages ont tenté de contourner les théories extrêmes pour rapprocher les vues de leurs auteurs et écouter ceux qui ont été pris en tenaille, entre les dépassements des uns et les exactions des autres.Si les Algériens s’étaient prononcés massivement en faveur de la paix en septembre 2005, ils espéraient en revanche que la Charte proposée parachèverait la construction de l’édifice dont les fondations avaient été creusées en 1999 et dont les repères avaient été posés par l’ex-président Zeroual. Si le tout sécuritaire avait été une option nécessaire, à une étape précise de la lutte contre le terrorisme, il reste que le dialogue a toujours constitué une porte de secours pour une sortie de crise. Après que le pays ait retrouvé un peu de son lustre d’avant, la période qui avait plongé le pays dans une suite de crises qui avaient abouti à octobre 1988, et que les caisses aient été renflouées, (tant mieux si c’est grâce à un baril très cher), il était temps qu’un signal soit donné à la communauté internationale pour dire que les temps ont changé du côté d’Alger. Lancer un signal ne signifie, cependant, pas émettre en continu. Le poste récepteur a largement eu le temps de capter les émissions. Mieux, il a émis à son tour une réponse et elle a le mérite de ne pas être diplomatique. Elle a été brutale et est intervenue au moment où certains capitaines, parmi ceux qui tiennent le gouvernail, pensaient que les signaux avaient été faibles ou pas entendus. Il n’est pas dit que ceux qui devaient donner une réponse sont des interlocuteurs de choix et que leur réponse influera sur la paix. Mais il est important que nos gouvernants sachent qui tient la barre. L’Algérie n’est plus ce rafiot qui dérivait entre les écueils du FMI et du «qui-tue-qui» ; et le pays n’est plus l’otage d’une victoire volée un certain décembre 1991. Sûre d’elle, l’Algérie vogue sur une mer calme, tel un cuirassé sans escorte. Ce ne sera pas une petite houle qui la fera dévier de son cap.
Tout a été dit sur cette réconciliation. De part et d’autre. Il reste à l’Etat de faire valoir son autorité. En écrasant ceux qui s’opposent à la volonté du peuple. Pas en la contrariant ou en la détournant.
Miloud Horr
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com