Une liberté mensongère
Durant les années où le pays était sous le joug de la «dictature», entendre par là, les années qui précédèrent Octobre 88 qualifié de séisme par l’Occident, la presse algérienne était muselée. Il est vrai que les Algériens avaient, à cette époque, soif d’informations concernant les bilans des dramatiques évènements de la semoule, instrumentalisés au profit d’autres objectifs, un déficit que la rumeur comblait ainsi que les scoops donnés par les paraboles qui faisaient leur entrée fracassante. Les morts de l’automne 88 avaient servi à l’explosion des libertés, de la naissance du multipartisme et à la floraison d’une multitude de titres qui firent de l’Algérie un pays presque démocratique par la grâce du sacrifice d’une centaine de jeunes. Avec le recul, et maintenant qu’ils ont largement goûté à cette liberté tant vantée par le monde dit libre, Les Algériens n’ont plus tellement soif de s’informer et fustigent cette étrange manière de quantifier -au nombre de morts et des arrestations- la démocratie.L’Algérie, qui a traversé héroïquement une période difficile au cours de laquelle les champions de la démocratie et des droits de l’Homme doivent avoir beaucoup de choses à se reprocher, n’a plus rien à apprendre en matière de liberté d’expression. Certains hommes politiques européens sont mêmes allés jusqu’à considérer que notre presse est plus libre que celle de beaucoup de pays aux traditions démocratiques bien plus anciennes que les nôtres. Et le nombre de prix internationaux remportés par nos journalistes confirme cette réalité. Avec cette maturité et maintenant que les médias retransmettent en direct ce qui se passe ailleurs, les Algériens ont compris que la presse occidentale tant vantée n’est pas aussi libre qu’elle le déclarait, quand il s’agissait de déstabiliser l’Algérie. C’est ce qui vient encore une fois de se passer, quand s’agissant d’actes sporadiques, des dépêches font état de la multiplication des attentats près d’Alger, liant des attentas (deux précisément) à l’expiration du délai de la charte de la réconciliation.
Alors que partout à travers le monde, des bombes et des attaques font des morts par dizaines, que la guerre civile est ouverte depuis longtemps en Irak, que les Talibans infligent des pertes aux forces d’occupation étrangères et que le Hezbollah est en train de défaire la puissance machine de guerre nazo-sioniste, le monde libre -qui sait si parfaitement s’exprimer librement- ne parle que d’escarmouches ou de violences. Probablement pour ne pas éveiller la conscience du monde arabo-musulman? Ce qui veut dire que son information est contrôlée. Où est alors la liberté d’informer et de s’exprimer qu’on reprochait à un pays meurtri, quand eux-mêmes désinforment?
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Miloud Horr
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com