Ne faites pas ce que je fais
La police britannique a annoncé qu’elle a déjoué une tentative terroriste qui avait pour but de faire exploser, en vol et au départ de l’aéroport d’Heathrow, des avions de ligne américains. La très british Scotland Yard est allée jusqu’à annoncer l’arrestation de 24 suspects. Soucieuse de ne pas heurter, frontalement, la sensibilité de la communauté musulmane -comme elle l’avait fait pour les attentats de Londres de juillet 2005- Scotland Yard a précisé que les présumés auteurs étaient de nationalité britannique. Ce qui laisse comprendre qu’il s’agit d’étrangers «britannisés», des Musulmans bien entendu. Ce qu’a bien compris l’opinion publique. Ce «coup de filet» spectaculaire, qui intervient au moment où les Américains se sont largement discrédités aux yeux de la communauté internationale, passe pour une opération commerciale destinée à rappeler au monde que les Etats-Unis ont également eu des victimes civiles, en 2001. Elle vise à redorer, en réchauffant des cadavres refroidis depuis cinq ans, une sympathie à l’endroit d’un pays qui s’est honteusement compromis en soutenant une agression sauvage.Et à redémarrer un soutien à un pays qui avait été l’objet d’un élan de compassion sans précédent du fait des milliers de victimes civiles brûlées vives ou écrasées sous les décombres.
Tout comme les centaines d’enfants et de vieillards libanais et palestiniens qui n’ont pu se mettre à l’abri des bombes à fragmentations fournies par Washington à Israël. Un soutien honteux qui discrédite les défenseurs de la démocratie, des droits de l’Homme et des opprimés.
A supposer que les 24 suspects projetaient, réellement, de faire sauter des appareils américains, ce qui aurait fait des centaines de victimes, était-il opportun de déployer toute cette armada de policiers qui faisaient peur aux enfants? Dans l’affirmative, pourquoi alors avoir cloué au pilori les autorités algériennes et isolé un pays qui avait besoin de la communauté internationale à un tournant crucial dans sa lutte contre le terrorisme? Pourquoi avoir déserté les aéroports algériens et fui le combat contre les criminels auxquels Bush a déclaré une guerre mondiale en tuant plus de civils (dommages collatéraux) que de terroristes? Pourquoi avoir traité l’Algérie d’Etat policier, alors qu’elle ne cherchait qu’à protéger des citoyens, tout comme aujourd’hui le gouvernement britannique? Pourquoi cette propension à critiquer les autres quand on fait pire lorsque l’on subit la même chose? Si les Américains (et les Britanniques) s’étaient occupés de traiter le vrai terrorisme; il n’y aurait eu ni l’Irak, ni l’Afghanistan, ni le Liban et les évènements du 11 Septembre 2001 n’auraient certainement jamais eu lieu…
Hakim Djaziri
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com