Alger - Revue de Presse

H’lal alihoum, H’ram Alina



Communiquer et non parler La communication n’est pas, particulièrement, le fort des Algériens. Cette déficience n’est, certes pas, l’exclusivité de nos responsables, mais force est, cependant, de constater que beaucoup d’entre eux s’aventurent dans ce domaine sans en maîtriser les techniques. Consciente de cette carence, la Direction de la Sûreté nationale a, d’ailleurs, élaboré un vaste programme de formation au profit de ses personnels pour mieux communiquer avec les citoyens avec lesquels elle est directement en contact. Ce qui ne semble pas être le cas d’autres organismes qui devraient faire un peu plus d’efforts pour harmoniser l’acte et la parole. Il s’agit, entre autres de la protection civile.Le propos n’est pas de jeter la pierre à cette noble corporation dont l’essentiel des activités est de porter secours aux autres par tous les temps et quelle que soit la saison. Parlant justement de saison, l’été est la période où El Himaya est particulièrement mise à contribution. Surveillance des plages, campings, accidents de la route, feux de forêts et intoxications sont les secteurs dans lesquels les interventions se comptent par milliers. C’est en parlant de bilan, qu’un responsable -chargé de la communication semble-t-il- a parlé de milliers d’intervention depuis le début de la saison estivale et fait état du décès, par noyade, de 75 personnes. Le responsable évoquait la multitude d’efforts déployés pour sensibiliser les baigneurs afin d’éviter le pire et déplorait l’inconscience de certains qui n’hésitent à se baigner dans des plages non surveillées ou dangereuses. Profitant de l’occasion que constituaient les ondes de la radio qui porteraient, haut et loin, certaines recommandations, et désirant étendre au maximum la sphère des auditeurs pour sensibiliser le plus de baigneurs, l’animatrice demanda à son interlocuteur quelles étaient, dans ce cas, les sanctions prévues. Le spécialiste, habitué sans doute à ne communiquer que des bilans, répondit que ces infractions étaient punies par la réglementation en vigueur. Un analphabète n’aurait, sans doute, pas fait pire. Dire qu’il s’agissait de communiquer et d’expliquer à quoi s’exposaient les contrevenants! On se demande, dès lors, quelle est le contenu de cette sensibilisation dont on parle tant et qui n’a pas réussi à raccourcir la longue liste des morts dans des accidents domestiques, par inhalation de gaz brûlés, sur les routes et, bien sûr, sur les côtes. La protection civile devrait sérieusement revoir sa copie et se mettre, tout comme la Police, dans l’air du temps si elle désire que les efforts gigantesques qu’elle déploie ne soient pas vains. Parce que non accompagnés de l’outil essentiel, la communication base de la prévention, et non le bilan conséquence de l’intervention.   Miloud Horr
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