La cause et l’effet
Une commission UGTA-Patronnat, chargée de préparer une plate-forme pour le PES -le Pacte économique et Social- devra être installée aujourd’hui. Des consultations ont eu lieu avec le gouvernement et une première approche a été opérée en juillet et septembre 2005. Le document sur lequel plancheront les délégués a pour but d’élaborer un projet qui abordera la stabilité sur le front social et se propose d’actualiser la première mouture, «vieille» d’une année.
La décision du président, qui avait ordonné la tenue d’une réunion pour régler la question des augmentations des salaires, a déblayé pour une large mesure le terrain. La loi de Finances complémentaire a apporté sa pierre à l’édifice en permettant aux patrons -sous couvert de mots techniques savants- de réaliser des bénéfices, via la réduction des impôts et des charges. Ce sera, certainement, une partie des bénéfices qui seront dégagées, qui ira dans les poches des salariés. Une manière subtile de faire supporter au Trésor public l’effort qu’est censé faire le patronat, lors des négociations pour l’augmentation des salaires du secteur privé. Tant pis pour Medelci -ou tant mieux- si ce tour de passe-passe permettra à l’Etat d’avoir ce répit social derrière lequel il court à travers la signature par tous les acteurs de la société, du fameux PES. Le problème est que personne, d’après les propos tenus publiquement, n’est en mesure de définir ce qu’est ce pacte qu’il soit économique ou social. Les plus bavards ont déclaré qu’il s’agissait de stabilisation et d’autres, de réactualisation des paramètres de 2005. Si c’est le cas, les artisans du PES devraient retourner refaire leurs classes. Car dans un pacte, il s’agit avant tout de justice sociale pour parvenir à une paix, pour éviter tous les mini-Octobre qui ont eu lieu ou qui sont en gestation. La justice sociale passe inévitablement par l’application rigoureuse des textes -qui ne sont ni mauvais, ni à réactualiser. S’agira-t-il, par exemple, au nom de cette paix sociale, de laisser le dealer du coin écouler sa came; le gardien de parking auto-intronisé, arnaquer les automobilistes; le bureaucrate qui se sent fort parce que se trouvant de l’autre côté de la barrière, dicter sa loi et les intouchables hauts fonctionnaires, effacer l’avenir des Algériens?
Le programme du Président est en lui-même un pacte. Loger ceux qui sont dans le besoin, trouver du travail à ceux qui le demandent, rendre justice, réformer l’Etat et l’Ecole, et changer les mentalités, sont les paramètres fondamentaux du PES. Mettons-le en œuvre, cela nous évitera des dépenses publiques inutiles. Avec 10%, l’Algérie est l’un des pays les plus gaspilleurs de deniers publics de la planète.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com